
L’Olympique Lyonnais reçoit Fenerbahçe ce mercredi au Groupama Stadium (21h) lors du barrage retour de qualification pour la Ligue des champions. Après le nul à l’aller à Istanbul, les Lyonnais doivent gagner pour être assurés de disputer la C1 et ainsi mettre fin à une si longue attente.
Dans le barrage retour de l’OL ce mercredi soir face à Fenerbahçe (21h), la Ligue des champions mélange deux sentiments, presque contradictoires: une (trop) longue attente avec ces plus de 2.300 jours étirés depuis le huitième de finale de l’épreuve en février 2020 face à la Juventus, à la maison, et en même temps, presqu’un « miracle » d’en être aussi près, aussi vite.
Car la rétrogradation administrative en Ligue 2, remonte à (à peine) 14 mois. Quinze jours après l’ambiance déjà incandescente au cœur de la canicule d’un stade plein dans un Lyon de mi-août désert, l’atmosphère de ce Lyon-Fenerbahçe s’annonce bouillante. Tout le monde attend la fameuse petite musique, déjà présente dans le protocole de ce barrage. Il est temps que le coup d’envoi soit donné…
Aorès un été 2025 de tous les dangers, l’OL va mieux
Qui pouvait imaginer au soir de ce 24 juin 2025 que, 428 jours plus tard, l’OL serait aux portes de la grande Coupe d’Europe? Car à cette heure-là, déjà endeuillée par les obsèques, le lendemain, de la légende, Bernard Lacombe, les fans lyonnais voient les maux de tête s’amonceler.
Avec un train de vie qui ne permettrait même pas à l’institution de survivre en Ligue 2, niveau vers lequel la plonge administrativement, la DNCG (Direction nationale de contrôle et de gestion) dans sa décision de début de soirée, penser à la petite musique de la Ligue des champions ne se rêve même pas chez les plus optimistes!
Lyon n’est pas passé loin de la catastrophe
Fred Guerra agent et grand connaisseur du contexte lyonnais a de la mémoire: « Il y avait tellement de problèmes à régler que finalement, le public s’est mis derrière son club en espérant que l’équipe dirigeante les traite les uns après les autres, pose-t-il d’emblée. Tout cet épisode Textor et sa multipropriété, nous ont mis dans une panade pas possible, et donc les supporters attendaient surtout que ces problèmes-là s’effacent. »
Ils le seront, pour les plus urgents, dans les heures qui suivent cette annonce par l’éviction du boss américain et le remplacement par sa future ex-alliée, Michèle Kang. Autour de la femme d’affaires, les dirigeants travaillent d’arrache-pied pendant quatre jours, chez les conseillers juridiques du club à Paris pour préparer l’appel devant la DNCG.
Le 9 juillet, les arguments de la nouvelle direction font mouche, l’OL reste dans l’élite. La suite sportive on la connaît: l’OL trébuche du podium en mai dernier, n’obtient donc pas de ticket direct pour la grande Coupe d’Europe et doit en passer, tel un élève qui n’a pas rempli tous ses devoirs, par ses cahiers de vacances.
« Lyon, ça doit être en Ligue des champions »
Des mois où il n’est question « que » de la refondation du club: « C’est pour ça que je dis, la préoccupation de l’ensemble des supporters était ailleurs durant ses mois, insiste Guerra. En parallèle, il y avait aussi de la nostalgie des belles heures… » De là à « adoucir » leur attente?
Un peu, mais finalement… pas beaucoup et pas longtemps car l’effectif rassemblé par la direction sportive qui a fait preuve d’agilité, de subtilité et d’ingéniosité pour le construire, ravive la flamme avec une quatrième place, synonyme de ce barrage: « Forcément, l’attente est grande, explique Jean-Edouard, grand fan du Kop Virage Nord. Comme des supporters de mon âge, il y en a beaucoup qui ont grandi avec l’Olympique Lyonnais en Ligue des champions et Lyon ça doit être en Ligue des shampions, donc forcément grosse attente derrière ce match. »
Car de la première participation le 12 septembre 2000 (face à Heerenveen, 3-1), jusqu’au chant du cygne, le 19 août 2020 avec la demi-finale face au Bayern Munich (3-0) à Lisbonne, il y avait bien eu des trous dans la raquette, mais jamais au-delà de 3 saisons de suite (2012-2013 à 2014-2015) puis celle de 2017-2018 : soit un 16/20 pour 148 rencontres au total.
Le retour en Ligue des champions six ans après?
Alors, vous imaginez: six ans d’absence, 2371 jours très précisément depuis le 26 février 2020 et le Lyon-Juventus Turin (1-0, but de Lucas Tousart) en huitième de finale de Ligue des champions entre Rhône et Saône, à Lyon: « C’est même une anomalie, peste Ludowic Clément, fan absolu. Depuis toutes ces années, on a eu Brest, on a eu Lille, on a eu Lens et le fait qu’il n’y ait pas l’OL, c’est une anomalie complète. »
Et pourtant, même dans ces années « galère », La Ligue Europa passait une tête au Groupama Stadium: « Oui, il y a eu des beaux parcours en Europa League mais l’OL doit retrouver la Ligue des champions, c’est impératif, coupe encore le fan, installé en Beaujolais. La place de l’OL pendant des années, ça a été la Champions League où on a été quand même deux fois pas très loin de faire quelque chose de grand. »
Elle revient donc, le temps d’un barrage avec déjà le protocole, et donc la fameuse petite musique: « La réentendre avec le maillot de l’OL en Turquie, lors du match aller, cela m’a mis les frissons, révèle Jean-Edouard Guillermard, en train se servir ses clients dans son coffee shop à la Confluence à Lyon. On l’avait pour beaucoup sur le téléphone ou en regardant les autres équipes, mais quand c’est « la » nôtre… Les émotions, c’est fou. Donc vivement que ça arrive et vivement que les joueurs rentrent sur le terrain et qu’on aille la chercher. »
« Redorer le blason sur la scène européenne »
Car il est question d’une forme de remise en place de l’institution: « On sent qu’on a vraiment toute l’Europe qui nous regarde, s’enthousiasme encore, Jean Edouard. On va pouvoir aller se frotter à du Real Madrid, à du Barcelone ou avec des équipes anglaises et ça, ça va être intéressant. » Ludowic Clément prolonge: « Oui, il y a l’aspect financier, important mais il faut aussi redorer le blason sur la scène européenne. »
Mais ça, c’est l’après, éventuel. Il faut déjà passer l’ultime obstacle turc qui suscite déjà une impatience pour Ludovic Da Silva, fondateur d’une académie de foot dans l’agglomération lyonnaise: « C’est vrai que le jour du match, le matin même, on va y penser toute la journée et on aura envie d’y être parce qu’on a envie d’être dans l’ambiance, on a envie d’être derrière les joueurs, derrière le club et on souhaite tous que l’Olympique Lyonnais goutte de nouveau à cette Coupe d’Europe. »
De Fred à Ludowic, de Jean-Edouard à l’autre Ludovic, tous usent des mêmes mots: mérite, besoin, envie, impatience. Il n’y a donc qu’une seule issue possible: « Ce serait vraiment dommage de ne pas aboutir sur le match qui reste, parce que le match à l’aller est plutôt un résultat très positif pour l’Olympique lyonnais », estiment-ils tous en chœur. Un petit pronostic, ça passe ou pas? « Pour moi, ça passe et peut-être plus largement que ce qu’on me pense », s’avance Fred. Un score? « Allez, je dirais un 2-0 pour l’Olympique Lyonnais, m’irait bien. »






