Buteur en finale de la Coupe du monde face à l’Argentine et auteur d’un début de saison prometteur avec le Paris Saint-Germain, l’attaquant espagnol Ferran Torres est en pleine ascension depuis plusieurs semaines. Il pourrait bien bousculer la hiérarchie, en club comme en sélection avec la Roja. Dès ce samedi soir contre l’Angleterre ?
Arrivé cet été au PSG, Ferran Torres n’a pas attendu longtemps avant de marquer son premier but. Entré à la mi-temps face à Rennes (2-2) lors de la première journée de Ligue 1 le 23 août dernier, le champion du monde espagnol avait inscrit un doublé. Depuis, il a fait trembler les filets à cinq reprises, portant son compteur à sept buts toutes compétitions confondues cette saison. « Je pensais qu’il avait besoin de plus de temps pour s’adapter au jeu de Luis Enrique. Je ne l’attendais pas à un niveau si élevé », affirme Andrés Onrubia, correspondant à Paris pour le quotidien AS.
Un contexte difficile à Barcelone
Ferran Torres avait réalisé sa saison la plus prolifique lors de l’exercice 2025-2026, en inscrivant 21 buts toutes compétitions confondues. Mais à Barcelone, où il a disputé plus de 200 matchs en cinq ans, l’attaquant de 26 ans évoluait dans la rotation. En Ligue des champions, lors de la dernière édition, il n’a été titularisé que quatre fois en onze convocations. « Je pense qu’il a toujours eu la sensation qu’il devait être dans le onze de départ, qu’il avait assez de qualité pour être là mais ce n’était pas toujours comme ça. (…) Il avait une relation difficile avec une partie des supporters parce que certains étaient critiques sur les occasions qu’il manquait », explique Roger Saperas, un journaliste catalan de la radio RAC1.
Ce dernier pense que les performances de Ferran Torres à Paris surprennent beaucoup de supporters barcelonais. « Mais je ne vais pas dire qu’il leur manque », avoue tout de même le journaliste catalan qui évoque notamment le très bon début de saison de Barcelone, leader de Liga, ainsi que le repositionnement en pointe de l’attaque de Raphinha, actuel meilleur buteur du championnat espagnol.
« Supersub » ou titulaire?
À Paris, comme c’était déjà le cas à Barcelone, Ferran Torres fait face à une forte concurrence en attaque. Peut-il s’imposer comme titulaire dans une équipe où évoluent déjà Ousmane Dembélé, Khvicha Kvaratskhelia et Désiré Doué? L’Espagnol, capable aussi bien de prendre l’axe de l’attaque que de jouer sur un côté, épate déjà par « sa facilité incroyable à marquer des buts », souligne Andrés Onrubia, qui le préfère dans ce rôle de « supersub », autrement dit de remplaçant décisif. Trois de ses sept buts avec le PSG ont d’ailleurs été inscrits lorsqu’il est entré en jeu.
« Il peut très bien être titulaire et participer au jeu sur le long terme et ne pas juste être quelqu’un qui va te planter un but en fin de match. Parce qu’il a les qualités techniques et le sens du jeu pour pouvoir vraiment peser pendant 60, 70, 80, 90 minutes », rappelait tout de même Edgar Groleau, correspondant RMC Sport en Espagne, il y a quelques semaines. Une évolution qui se manifeste notamment dans son registre d’avant-centre, « dans ses appels, sa façon de se démarquer, de jouer en appuis », ajoutait-il.
« Quand tu marques le but de ta vie, tu changes de dimension »
Avec la sélection aussi, Ferran Torres a désormais un rôle à jouer. Il bénéficie d’un nouveau statut en Espagne, depuis son but en finale de la Coupe du monde, le 19 juillet dernier. « Quand tu marques le but de ta vie, tu changes de dimension », résume Andrés Onrubia. « Il y a seulement deux joueurs qui ont marqué un but comme ça avec l’Espagne: Iniesta en 2010 et lui », note Roger Saperas, le journaliste de la radio RAC1. Ce dernier ne serait pas étonné de le voir prendre la place de Mikel Oyarzabal en pointe de l’attaque, ou celle d’Alex Baena sur l’aile gauche, lors des prochains matchs de la « Roja ».
Ferran Torres et la sélection espagnole retrouveront ce samedi (20h45) l’Angleterre, à l’occasion de la première journée de Ligue des nations. Une opposition qui rappellera forcément de bons souvenirs aux Espagnols, sacrés champions d’Europe à l’issue de leur dernière confrontation à l’Euro 2024.







