
Les six derniers billets pour la Coupe du monde 2026 sont attribués ce mardi et mercredi lors des barrages européens et intercontinentaux qui mettent la presse des pays concernés dans tous ses états.
Douze équipes pour six billets en jeu. Le casting de la Coupe du monde de football (11 juin-19 juillet) sera complet mercredi matin à l’issue des barrages européens et intercontinentaux qui se disputent ce mardi soir (coup d’envoi à 20h45 pour la zone Europe) et dans la nuit pour RD Congo-Jamaïque (23h, à Guadalajara) et Irak-Bolivie (mercredi, 5h, à Monterrey). La presse de chaque pays fait monter la pression pour ces rendez-vous d’une importance capitale.
Bosnie-Italie (mardi, 20h45), le plus attendu
La plupart des yeux seront rivés sur l’affiche entre la Bosnie-Herzégovine et l’Italie, qui redoute la terrible passe de trois après les éliminations en barrages pour les Coupes du monde 2018 et 2022. « Pour la troisième fois, c’est tout ou rien », prévient la Gazzetta dello Sport. « Ce match vaut un monde » dans un contexte qui inquiète entre « tension, froid et petit stade ». (lire la revue de presse italienne). Mais l’enjeu est aussi très gros pour la Bosnie-Herzégovine qui vise une deuxième qualification de son histoire au Mondial (après celle de 2014) et espère sortir le pays de son « apathie ». « Osez trouver quelqu’un qui ne regardera pas le match ce soir, ni en direct ni à la télévision », chauffe le média Sport Sport. « Osez trouver quelqu’un qui dira qu’il s’en fiche ou que le résultat lui importe peu. C’est là la plus grande victoire de Sergej Barbarez (le sélectionneur) et de ses joueurs. Vaincre l’apathie est ce qu’il y a de plus difficile à accomplir dans une nation. »
Kosovo-Turquie, mardi (20h45), pour écrire l’histoire
Indépendant depuis 2008 et admis comme membre de l’UEFA en 2016, le Kososo vise, face à la Turquie, une première qualification pour un grand tournoi de son histoire. « Nos joueurs ont désormais l’opportunité d’inscrire leurs noms en lettres d’or dans l’histoire du football kosovar », lance le journaliste Bardh Machuni. « Comme on le dit souvent dans notre pays, et comme les joueurs le savent très bien, participer à la Coupe du monde signifie pour nous une seconde indépendance. » Pour y parvenir, les bouillants supporters ont fait exploser des feux d’artifice devant l’hôtel des joueurs turcs dans la nuit. La pression est aussi énorme pour la Turquie qui n’a plus participé à une Coupe du monde depuis 24 ans. « Que cette attente prenne fin ce soir », exhorte le média Hurriyet.
Suède-Pologne (mardi, 20h45): jeu de dupes
Absente en 2022, la Suède est miraculée dans ces qualifications avec une dernière place dans son groupe mais un repêchage grâce à la Ligue des nations. Mais la Pologne, victorieuse de l’Albanie dans la difficulté (2-1), laisse volontiers l’étiquette de favoris à son hôte. « Sur le papier, la Suède est la plus forte », a lancé le sélectionneur Jan Urban, dans des propos rapportés par le site Meczyki. « Avoir un attaquant comme Gyökeres est un atout majeur. » Graham Potter, sélectionneur anglais de la Suède, a une autre vision. « Si l’on compare le nombre de points qu’ils ont marqués en qualifications au nôtre, il est difficile de dire que nous sommes favoris. Jouer à domicile peut avoir un impact. Mais si l’on regarde les résultats sur la durée, il est difficile d’affirmer que nous sommes favoris », a-t-il répondu. Alexander Axen, consultant suédois, prend beaucoup de précaution et invite la sélection à viser le défendeur adverse Jan Bednarek. « C’est un joueur très fragile. Il faut constamment le presser. Je crois que je pourrais jouer comme ça même en jean », a-t-il lâché dans l’émission Bollklubben.
République tchèque-Danemark (mardi, 20h45): les supporters locaux dans le viseur
La République tchèque accueille le Danemark pour mettre fin à une disette de 20 ans sans Mondial. Et les Tchèques sont prêts à tout pour cela, selon la presse danoise, qui met en garde ses joueurs contre le comportement du public local. « En amour comme à la guerre, tous les coups sont permis », lance le journal DR. « Et pour les supporters de football tchèques, cela vaut également pour la quête d’un billet pour la Coupe du monde. C’est du moins la conclusion à laquelle sont parvenus les supporters irlandais, qui, après la défaite de jeudi face à la République tchèque au stade de Prague, étaient furieux du comportement honteux des supporters tchèques. Lors de la séance de tirs au but décisive, remportée 4-3 par les Tchèques, une sirène a retenti dans le stade à chaque tir irlandais. Les supporters irlandais ont depuis exigé une enquête de l’UEFA. »
Les Tchèques se méfient, eux, d’un ennemi interne. Ladislav Krejci, le capitaine, confie s’être entretenu avec son ancien entraîneur et actuel coach du Sparta, le Danois Brian Priske. « Je suis arrivé plus tôt pour le match, nous avons donc eu le temps de nous rencontrer. Je sais qu’il sera au stade. On verra bien pour qui il supportera. »
RD Congo-Jamaïque (mardi, 23h), un match à « 1,6 milliard de dollars »
La RD Congo a aussi rendez-vous avec son histoire, 52 ans après sa seule participation (en 1974 sous le nom de Zaïre). Elle ne pourra pas compter sur son supporter emblématique supporter immobile, Lumumba Vea, qui n’a pas obenu de visa pour le Mexique. Mais les équipiers de Chancel Mbemba pourront compter sur 400 supporters congolais dont le voyage a été facilité par le ministère des Sports et Loisirs. Lundi, ils ont aussi reçu un message de soutien du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Pour la Jamaïque, il s’agit d’un « match à 1,6 milliard de dollars » (jamaïcains, soit environ 9 millions d’euros), le montant promis par la Fifa aux participants du Mondial, calcule le Jamaïca Observer, très centré sur les chiffres. Le journal rappelle que ce « moment de vérité » intervient après une attente de « 10.362 jours » pour voir les Reggae Boyz se qualifier pour une deuxième Coupe du monde (après celle de 1998).
Irak-Bolivie (mercredi, 5h), le nom du dernier adversaire de la France se cache dans ce barrage hautement symbolique
C’est peut-être le match le plus symbolique de ces barrages. Un mois après l’attaque des Etats-Unis et d’Israël sur l’Iran, l’Irak – également ciblée par les frappes (qui ont fait 101 morts) -, joue une première qualification au Mondial depuis 1986, contre la Bolivie à Monterrey (Mexique). Un match dont ils avaient demandé le report en raison de la fermeture de l’espace aérien. La majorité du groupe est finalement partie de Bagdad par la route pour rejoindre Amman (Jordanie), avant de s’envoler pour Lisbonne puis d’atteindre Monterrey le 22 mars après plusieurs jours de voyage. « Représenter 46 millions de personnes, c’est unique », a reconnu le sélectionneur Graham Arnold. « Une grande partie de mon travail a été sur le côté mental. Les joueurs doivent se concentrer sur eux-mêmes, penser à leur famille, à quelques amis, mais pas au pays entier, sinon c’est trop de pression. Mais ce match peut changer une vie, un pays. »
Les Irakiens défieront la Bolivie, soutenue par de nombreux supporters. Mardi, plus de 1.500 d’entre eux résidant à Monterrey ont rencontré les joueurs dans une étonnante séquence de communion et de célébration, rapporte le journal Diez. Les joueurs et l’encadrement se sont joints aux chants des fans en sautant leur compagnie. « Merci d’être venus, nous apprécions énormément votre soutien. Avec la foi et grâce à ces jeunes joueurs, nous allons gagner demain », a lancé le sélectionneur Oscar Villegas
Le programme des barrages pour le Mondial 2026
- Bosnie Herzégovine-Italie, le mardi 31 mars à 20h45 à Zenica
- Kosovo-Turquie, le mardi 31 mars à 20h45 à Pristina
- Suède-Pologne, le mardi 31 mars à 20h45 à Solna
- Tchéquie-Danemark, le mardi 31 mars à 20h45 à Prague
- République démocratique du Congo-Jamaïque, le mardi 31 mars à 23h à Guadalajara (Mexique)
- Irak-Bolivie, le mercredi 1er avril à 5h à Monterrey (Mexique)


