
Des peines de quatre mois avec sursis à six mois de prison ferme, ainsi que deux relaxes, ont été requises lundi à l’encontre de dix ultras brestois poursuivis pour avoir tenté d’intercepter les véhicules de supporters lensois après un match de de Ligue 1 en avril 2025.
« C’est insupportable qu’un sport puisse générer de la violence pour quelque motif que ce soit », a très bien résumé le substitut du procureur Antoine Bouriaud, devant le tribunal correctionnel de Brest. Ce lundi, dix ultras du Stade Brestois, âgés de 21 à 35 ans, comparaissaient devant la justice pour « participation à un attroupement armé ». Le magistrat a vu dans les faits jugés lundi un « comportement primaire, animal », « l’idée de faire un match retour ou de se faire justice soi-même ».
Des peines de quatre mois avec sursis à six mois de prison ferme, ainsi que deux relaxes, ont été requises lundi à l’encontre des dix ultras brestois. Les réquisitions ont été assorties d’amendes de 1.000 à 2.000 euros et d’une interdiction de stade de trois ans.
Des ultras brestois ont voulu se venger après une attaque lensoise
Le 20 avril 2025, une cinquantaine d’ultras brestois encagoulés et armés de battes de base-ball ont envahi la RN12, une quatre voies reliant Brest à Rennes, et tenté d’intercepter des véhicules lensois. Jets de projectiles, coups de barres de fer sur les véhicules et fumigènes ont provoqué la panique, amenant certaines voitures à faire demi-tour pour emprunter la route à contresens. Une personne a été blessée à l’oeil par des éclats de verre dans un minibus lensois, tandis qu’un autre véhicule a vu sa porte arrachée.
Cet incident a fait suite à une attaque, intervenue le même jour, menée par des ultras lensois contre des supporters brestois en train de déjeuner près d’une plage brestoise. Une vingtaine de supporters ont été arrêtés dans cette affaire. Plusieurs ont été mis hors de cause, d’autres faisant l’objet d’une composition pénale (mesure alternative aux poursuites) ou d’une procédure de plaider-coupable.
La justice tranchera en janvier 2027
Prénommés Kévin, Killian, Philippe, Kenny ou Dewi, ils sont comptable, intérimaire, mécanicien, ou chauffeur. La plupart n’ont pas de casier judiciaire et nient avoir participé aux faits, si ce n’est en simples spectateurs. « J’ai suivi les autres pour leur dire d’arrêter », a ainsi assuré Jonathan à la barre.
« J’étais là-bas pour essayer de désamorcer la situation », a même osé Kévin, un ancien militaire déjà interdit de stade. Quant à Kenny, blessé quelques heures plus tôt par l’attaque des supporters lensois, il a assuré n’avoir éprouvé aucun désir de vengeance. « J’ai quand même un esprit de maturité », a-t-il affirmé. Des dénégations qui ont fini par irriter le président du tribunal. « Pour résumer, tout le monde y était mais personne n’a rien fait », a ironisé le magistrat. « Tout le monde n’a fait qu’aller voir, c’est quand même curieux ».
Entre 40 et 80 ultras auraient participé aux faits, selon les témoignages. Les avocats de la défense ont plaidé la relaxe, en critiquant le peu de preuves avancées par le parquet pour démontrer l’implication de leurs clients. L’accusation repose en grande partie sur le bornage des téléphones mobiles des suspects. « Leur seul tort, c’est d’avoir été à proximité des faits », a résumé Me Elma Kraisnik, qui défend deux des prévenus. Le tribunal rendra sa décision le 11 janvier à 13h30.





