
La Ligue 1 n’avait plus connu ça depuis quinze ans : les six premiers au classement se tiennent en deux points seulement. Une situation due à la forme inégale du PSG, à l’irrégularité des favoris ou à la progression des équipes plus « faibles »? Tous les entraîneurs ne sont pas d’accord.
Paris tenu en échec par Lorient (1-1), l’OM accroché par Angers (2-2) ou Lyon rattrapé par le Paris FC (3-3). Mercredi, la 10e journée de Ligue 1 a parfaitement illustré les difficultés des supposées grosses écuries de Ligue 1 à dominer. Résultat: entre le leader (PSG) et le sixième (Lens), il n’y a que deux points d’écarts, du jamais vu à ce stade de la compétition depuis quinze ans.
« On voit bien que tous les matchs, quel que soient les adversaires, sont difficiles », explique Franck Haise, par exemple battu par Le Havre et Brest. « C’est un championnat très homogène, même si les plus gros sont là-haut. Il n’y a pas d’équipes où vous vous dites ‘si on joue à notre niveau ça va bien se passer’. Non, il faut beaucoup donner, tout le temps pour gagner les matchs et pour beaucoup d’équipes. »
Une pression chaque week-end, alors que les enjeux financiers sont énormes dans le football français. Chaque place, chaque qualification pour une compétition européenne peut rapporter gros. Et une descente coûter très cher. Alors même les écuries qui n’ont pas dépensé cet été (Angers, le Havre par exemple) se battent. Cela donne des résultats souvent spectaculaires. Avec 40 buts, la huitième journée a même égalé le record du nombre de réalisations au 21e siècle sur un week-end. « Je peux parler parce que j’ai connu la Ligue espagnole et je trouve que la Ligue 1 est plus forte », pense Jorge Maciel, entraîneur adjoint de l’OL. « Le championnat est plus équilibré en haut et en bas. Je pense qu’on a un produit très intéressant, il faut profiter, être consistant. »
« Des clubs vont commencer à s’énerver »
Car faute de moyens, même les clubs qui se battent pour le maintien ont des idées de jeu, à l’image de Nantes ou Angers. De quoi alimenter la pression.
« Le classement est tellement serré que d’une semaine à l’autre, on peut être dans le spotlight (la lumière) », juge Sébastien Pocognoli, entraîneur de Monaco, deuxième avant cette journée. « Il y a deux semaines c’était une autre équipe, il y a une semaine c’était Marseille, maintenant c’est nous. Si on est constants on restera là-haut, on a conscience de ça, on a les pieds sur terre. Le fait que ce soit serré est positif mais à un moment ça va se démarquer, à nous d’être dans le bon wagon et se serrer les coudes jusqu’à la trêve de novembre pour ensuite commencer cette partie jusqu’à Noël avec le plus de cartes en main. »
Car la conséquence de ce classement ultraserré est que rien ne semble décidé, encore, pour le titre de champion. Paris est certes en tête mais n’a gagné qu’un seul de ses quatre derniers matchs de Ligue 1, la faute notamment aux blessés et à une équipe encore en rodage après la très longue saison dernière.
« C’est la vie, le football, il ne faut pas être préoccupé », calme le coach Luis Enrique. « On a beaucoup de matchs pour s’améliorer, et on peut le faire. […] Nous cherchons à gagner chaque match, c’est notre mentalité et à la fin, l’équipe qui va gagner la Ligue 1 sera la plus régulière sur les dix premiers matchs mais surtout sur la totalité des matchs. »
La situation va de toute façon se décanter selon Pierre Sage, entraîneur d’un RC Lens tombé face au dernier, Metz: « Tout est possible mais c’est dans la durée que les choses se jouent et vous verrez qu’à la fin, je ne pense pas qu’on tienne le même discours. Les écarts vont se creuser. Quand les choses vont réellement compter, des clubs vont commencer à s’énerver sérieusement et on verra que leur statut n’est pas immérité. » En attendant, son équipe peut théoriquement être première samedi soir.