lundi, mars 30, 2026
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« Le monde du football doit se regarder en face », l’amertume de Cardiff City après le verdict sur son contentieux avec le FC Nantes

Plus de sept ans après la mort d’Emiliano Sala dans un accident d’avion, le tribunal de commerce de Nantes a débouté ce lundi Cardiff City, qui réclamait une grosse somme d’argent au FC Nantes. Le club gallois, condamné à verser 480.000 euros d’indemnités aux Canaris dans cette affaire, accueille très mal le verdict.

La justice française a finalement jugé infondées les demandes de Cardiff City. Plus de sept ans après la mort tragique d’Emiliano Sala dans un accident d’avion alors qu’il venait d’être transféré en provenance du FC Nantes, le club gallois a été débouté ce lundi par le tribunal de commerce de Nantes. Le club de League One (troisième division anglaise) a même été condamné à verser 480.000 euros d’indemnités aux Canaris dans cette affaire. Un verdict difficile à digérer, selon Céline Jones, avocate de Cardiff City.

« Nous regrettons profondément que le tribunal n’ait pas reconnu la responsabilité du FC Nantes dans ce drame », explique-t-elle. « Nous avons engagé cette démarche afin que toute la lumière soit faite sur cette affaire, dans le respect de la mémoire d’Emiliano Sala. Aujourd’hui, nous constatons avec amertume que les principes de transparence, d’intégrité et de sécurité dans le football professionnel n’ont pas trouvé à s’imposer dans cette décision, en témoignent l’impunité dont bénéficie Willie McKay, un agent controversé, dépourvu de licence, situation qui n’a pas suscité la préoccupation du FC Nantes, et dont les agissements ont contribué à la mort de deux hommes. »

« Comment est-il possible que Willie McKay puisse encore exercer après un tel drame? Comment est-il possible qu’en définitive, le FC Nantes, qui n’a jamais contribué au fonds de soutien que nous avons lancé en mémoire d’Emiliano, ait versé davantage d’argent à Willie McKay (1,5 million d’euros) qu’à la famille Sala? L’urgence reste plus que jamais de renforcer les normes de sécurité et d’éthique dans la gestion et la protection des joueurs, afin qu’un tel drame ne se reproduise plus jamais. Le monde du football doit se regarder en face. » Malgré leur amertume, les représentants du club gallois n’ont pas encore décidé s’ils vont faire appel ou non.

« Le FC Nantes n’est en rien responsable du drame »

Du côté du FC Nantes, au contraire, on se réjouit de cette décision de justice: « Une pensée tout d’abord pour Emiliano Sala », réagit Jérôme Marsaudon, avocat du club de Loire-Atlantique. « On n’a pas ignoré que derrière cette affaire tragique, il y avait un drame humain. Malheureusement, ça fait sept ans que Cardiff nous poursuit de ses ardeurs et réveille à chaque fois cette blessure. On est donc très heureux de la décision du tribunal, qui ne fait que confirmer ce que nous soutenons depuis des années. Le tribunal l’a dit haut et fort et a condamné Cardiff à des dommages et intérêts assez exemplaires. Le FC Nantes n’est en rien responsable du drame intervenu. Et on se félicite que le tribunal nous ait entendus et l’ait confirmé dans des termes clairs et qui, on le souhaite, mettront fin à cette affaire pour que chacun puisse passer à autre chose. »

Une satisfaction partagée par Louis-Marie Absil, un autre avocat du FC Nantes: « Postérieurement à la décision de la Fifa, puis du Tribunal arbitral du sport, c’est aujourd’hui la juridiction commerciale de Nantes qui, après un travail de grande qualité et une longue procédure avec des incidents, a considéré qu’effectivement, malgré le préjudice totalement fantasmagorique et exagéré de Cardiff, il n’y avait pas lieu de leur donner satisfaction. Il a même décidé de condamner Cardiff pour réparer le préjudice réputationnel qui a été subi par le FC Nantes ».

Alexandre Jaquin avec Pierre-Yves Leroux

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