
En se déplaçant au Pays Basque pour la 4e journée de Ligue Europa face à la Real Sociedad, l’OL veut basculer sur un nouveau chapitre de sa saison. Et ce, sans celui qui l’a mené depuis janvier 2025 et 83 matchs, Paulo Fonseca qui a choisi de partir de son plein gré en moins d’une semaine. Comment l’OL peut se relever de cet épisode aussi inattendu qu’historique et marquant? Il paraît que l’avantage de la période est de jouer tous les trois jours pour effacer sur le terrain d’éventuels stigmates … Début de réponse à 18h45 ce jeudi.
La digestion fut longue à s’écrire, rythmée un peu aussi par la négociation entre les deux clubs, Lyon d’un côté et le Sporting Portugal de l’autre. Mais les trois jours pleins entre ce dimanche en fin d’après-midi qui disaient déjà presque tout, dans les faits et gestes de son départ et l’annonce officielle mercredi à 13h30, les mots ont eu le temps d’être pesés. Il y a certes les phrases policées: « L’Olympique Lyonnais tient sincèrement à remercier Paulo Fonseca pour son investissement, son exigence et le travail accompli depuis son arrivée au club et lui souhaite le meilleur pour la suite de sa carrière. » Mais il y a aussi des pics: « Une décision inattendue que l’OL regrette profondément d’autant plus par son timing en pleine saison. »
Et après l’écrit, l’oral, images et sons réunis par une vidéo tournée par le média officiel du club (OL Play) et envoyé à tous les journalistes en guise de deuxième lame. Au micro, Matthieu Louis-Jean, le directeur sportif qui révèle que son futur-ex coach lui a demandé à lui parler dans son bureau, jeudi dernier: « Ça a été une grande surprise », avoue-t-il. « Nous, bien sûr, on voulait absolument finir la saison avec Paulo. Maintenant, il avait des arguments où il voulait absolument partir dans un club qui lui tenait beaucoup, son club de cœur, comme il peut le dire. On ne voulait pas avoir un coach qui ne soit pas concentré, motivé à 150% pour l’Olympique Lyonnais. » Une pointe d’amertume pointe donc entre les mots: « Pour nous, c’était évidemment important de comprendre ce contexte-là. Donc, quand on a décidé de le laisser partir, bien sûr qu’il fallait aussi défendre les intérêts du club, que ce soit sportif et économique. Il fallait trouver une valorisation qui soit bonne pour nous. C’est ce qu’on a pu faire. » Le Sporting Portugal versera ainsi une indemnité de 5 M€ en raison de la rupture anticipée du contrat.
Un technicien « qui ne laissera pas de trace »
Une communication millimétrée sans service après-vente, le soir autour de la conférence de presse de veille de match au stade Anoeta, où tout l’aéropage lyonnais était là pour faire bloc, de Michael Gerlinger, le directeur général à Daniel Congré, le coordinateur sportif en passant par Jean Sudres, le patron du juridique qui a eu à gérer le dossier.
Des larmes à l’amertume aussi, mais plus rapidement pour les fans, qui évoquent pêle-mêle, « un technicien qui ne laissera pas de trace finalement » ou qui a un comportement qui oscille entre « irrespect et lamentable ».
Et les joueurs dans tout cela? Sonné? Un peu… « Je dois avouer que c’est une sensation assez particulière », admet, un brin fataliste Dominik Greif, le gardien slovaque lyonnais. « Mais plus rien n’est surprenant dans le football. Nous savons comment les choses fonctionnent. En tant qu’équipe, nous avons donc tourné la page et nous attendons désormais l’arrivée d’un nouvel entraîneur. Mais je ne peux que le remercier, lui et ses adjoints, car ils m’ont permis d’ouvrir une nouvelle page de ma carrière. »
Le meilleur remède? « Dans le football, nous jouons tous les trois jours et nous n’avons pas vraiment le temps de nous attarder sur ce que nous ressentons, explique Greif. Nous devons avancer. » Avancer, Jorge Maciel le fait depuis un peu plus longtemps que les joueurs qui ont compris le départ, dimanche à la fin du match face à Angers, lui que Paulo Fonseca a mis dans la confidence plus tôt dans le week-end: « Nous avons discuté samedi matin, à l’entraînement, et j’ai rapidement compris ce qu’il allait m’annoncer, explique l’adjoint devenu intérimaire. Ce sont des décisions qui doivent venir du cœur. Il faut savoir s’écouter et c’est ce que je lui ai dit. Je lui ai dit que c’était une décision très personnelle. »
L’intérim, Jorge Maciel sait ce que c’est: il l’a assuré entre Pierre Sage et… Paulo Fonseca fin janvier 2025: « Assurer l’intérim aujourd’hui est plus simple qu’il y a deux ans, parce que le club a beaucoup changé, tout comme la dynamique de l’équipe. Cette fois, l’entraîneur part parce qu’il en a envie et non parce que les résultats ne suivent pas. Le plus important reste le club. »
Maciel: « Soit nous pleurons, soit nous avançons »
Sa recette? « Même si nous avons un groupe jeune, tous les joueurs sont très professionnels et ils ont déjà vécu des choses », dit Jorge Maciel. « Nous avons créé quelque chose de spécial au sein de cette équipe. Nous devons faire preuve de respect, respecter l’héritage du club et tout ce que nous avons construit. Dans le football, lorsqu’une page se tourne, il faut continuer à avancer. »
Avec un mot d’ordre: « Soit nous pleurons, soit nous avançons. Et nous avons décidé d’avancer », résume Jorge Maciel et dans un costume nouveau aussi, même s’il a assuré la fonction officielle de coach entre mars et décembre 2025, quand Paulo Fonseca était suspendu, suite à son « front contre front » avec Benoît Millot: « Il y aura quelques petits changements dans la manière de prendre la parole dans le vestiaire. Quand on occupe un rôle de leader, c’est forcément différent. »
Différent du dernier match de l’OL en Ligue Europa à Hoffenheim, il y a deux semaines où l’OL a ‘oublié’ de se jeter dans les duels pour échouer dans les grandes largeurs (3-0) alors que Matthieu Louis-Jean et les autres dirigeants lyonnais vont continuer leur quête d’un nouveau coach, qui devrait être Carlos Vicens. Au micro des médias officiels du club, Le directeur sportif en a affiné le portrait et le timing de son arrivée: « Il devrait y avoir un nouveau coach qui devrait arriver probablement au début de la trêve internationale. Il y a un coach qui part, mais le projet reste le même. On veut vraiment être dans la continuité. On a construit une équipe ensemble avec Paulo, mais ce n’est pas du tout l’équipe de Paulo. C’est l’Olympique Lyonnais qu’on voulait avec un état d’esprit, un ADN, un projet de jeu qui était spécial aux joueurs qu’on a recrutés. Sur la philosophie de jeu et les principes, oui, ce sera assez similaire, assez proche. Maintenant, bien sûr qu’il aura aussi sa patte, ses idées à amener. On veut bien sûr être toujours meilleur. Donc ce coach s’inscrira dans cette phase-là. »
De quoi rassurer tout un club et sensibiliser les joueurs à cette partie de saison qui débute ce jeudi en Espagne. Une victoire et une remontée au classement de la phase de Ligue (l’OL est actuellement 12e avec 6 points pris sur 9) permettraient d’effacer ce petit goût amer qui enveloppe, encore l’institution OL dans ces heures d’après qui ont nourri un chapitre que personne n’a vu venir.





