« Un joueur exceptionnel à la Benzema », le sacre de Harry Kane met-il tout le monde d’accord?

Harry Kane a été sacré Ballon d’or 2026 ce lundi à Londres, devançant Kylian Mbappé et Lamine Yamal au terme d’une 70e édition qui aura été indécise jusqu’au bout. Pour les consultants de l’After Foot sur RMC, la victoire de l’attaquant anglais, auteur d’une année exceptionnelle d’un point de vue statistique, représente une « forme de logique ».

73 buts, toutes compétitions confondues, en club et en sélection. Auteur d’une saison 2025-2026 exceptionnelle d’un point de vue statistique, Harry Kane a été élu Ballon d’or 2026 ce lundi à Londres, au terme d’une campagne très ouverte. L’international anglais devance Kylian Mbappé d’une poignée de voix, et Lamine Yamal.

« Il y a une forme de logique », a estimé Florent Gautreau dans l’After Foot sur RMC lundi. « Ça correspond aussi à une année où tu as un gros collectif champion du monde et un gros collectif champion d’Europe et où finalement, lui, c’est le ‘vrai’ Ballon d’or individuel. Même s’il n’a pas de titre majeur, c’est un très bon joueur. C’est un Ballon d’or mérité. »

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« On le résume à ses buts mais ce n’est pas que ça »

Au-delà de ses réalisations, l’attaquant anglais a atteint les demi-finales de la Ligue des champions avec le Bayern Munich, chutant au terme d’une double confrontation historique avec le PSG, et terminé troisième de la Coupe du monde (au cours de laquelle il a marqué six buts) avec les Three Lions. S’il n’a pas été élu meilleur joueur de Bundesliga, ni de C1 ou du Mondial, le joueur de 33 ans est récompensé à juste titre pour sa régularité, selon Polo Breitner.

« Qu’Harry Kane le récupère (le Ballon d’or) dans une course qui doit être très, très serrée, pour moi c’est tout à fait logique. Même si (Michael) Olise a été élu meilleur joueur de la saison de Bundesliga, honnêtement, Harry Kane est encore au-dessus. Pour moi c’est logique, quand tu vois sa saison, de la première à la dernière journée, dans toutes les compétitions… C’est assez phénoménal », fait valoir le spécialiste du football allemand.

Et de poursuivre: « On le résume à ses buts mais ce n’est pas que ça. C’est un joueur exceptionnel à la Benzema, il est en train d’évoluer de cette façon avec ses passes, on l’a encore vu cette semaine en Ligue des champions contre Arsenal. Ça me paraît tout à fait normal, d’autant plus qu’il a été assez présent dans la double confrontation avec le PSG parce qu’il marque des buts, etc. Ce n’est pas volé. »

« Les Anglais espéraient beaucoup, ils en parlaient beaucoup. Après la saison qu’il a eue, quand tu marques 73 buts – ce que seul Messi a fait dans l’histoire récente du football -, c’est vrai qu’ils pensaient qu’il avait de grandes chances même sans Coupe du monde et Ligue des champions. (…) J’ai souvent dit que c’était le meilleur numéro 9, numéro 10 anglais des dernières années et c’est le cas. C’est un joueur phénoménal quand tu vois ce qu’il fait avec le ballon, et ses qualités pures, intrinsèques, face au but », abonde Julien Laurens.

« Il dégage beaucoup de choses très positives »

Favori des bookmakers dans une édition où aucun favori incontestable ne s’est dégagé à l’issue de la Coupe du monde remportée par l’Espagne, Harry Kane a été l’un des prétendants les moins en vue médiatiquement. À l’inverse de ses deux principaux concurrents Kylian Mbappé et Lamine Yamal qui ont mené une véritable propagande pour mettre en avant leurs arguments, l’international anglais n’a fait que quelques déclarations à propos de la plus prestigieuse récompense individuelle. Ce qui a, peut-être, fini par jouer en sa faveur.

« C’est aussi la victoire de l’humilité, du gars qui ne fait pas de vagues mais qui est quand même incroyable. C’est un gars qui est sans histoires, il ne fait pas les gros titres des tabloïds, il fait son truc dans son coin et c’est aussi ça que les Anglais apprécient. Ça aurait pu lui jouer des tours parce qu’il manque peut-être d’un petit peu de charisme par moments (…) mais qu’il gagne, c’est quand même beau, je trouve », conclut Julien Laurens.

Même son de cloche du côté de Daniel Riolo: « Kane a plein de choses qui jouent pour lui: il a ce côté un peu humble, je me dévoue et je me bats beaucoup pour l’équipe, il dégage beaucoup de choses très positives. Ça plaît également aux gens. »

Le départ de Tottenham au Bayern Munich, tournant dans sa carrière?

S’il note que l’aspect individuel a primé et que c’est le nombre de buts stratosphérique de l’attaquant anglais qui a finalement le plus marqué les esprits, Daniel Riolo estime toutefois qu’il manque encore un grand titre à Harry Kane. « Il est champion d’Allemagne, ce qui est le minimum quand tu es au Bayern. Mais la Ligue des champions contre le PSG, ce n’est pas passé; avec l’Angleterre, c’est troisième, mieux que d’habitude, mais ça ne passe pas encore. Il a quand même encore un petit bout d’étiquette (de loser). »

Brillant pendant plus d’une décennie avec Tottenham, finissant notamment trois fois meilleur buteur de Premier League, Harry Kane avait dû attendre 2025 pour enfin décrocher le premier trophée de sa carrière et mettre fin à sa malédiction.

« Il a un truc qui fait la différence, par rapport à son histoire récente, c’est le fait de partir en Allemagne. Si tu dis à tout le monde qu’il va au Bayern, qu’il va mettre 73 buts dans une saison et être un joueur majeur et capital, tout le monde n’aurait pas parié là-dessus », nuance Florent Gautreau. « Pour moi, sa grande victoire, c’est ça. Être allé dans un grand club européen et dire à tout le monde, discrètement, qu’il est capable de faire ça partout. »

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