le tennis compte désormais plus de licenciés que le ballon rond en Italie, une première

Pour la première fois de son histoire, le tennis dépasse le football en Italie avec un plus grand nombre de licenciés. Alors que la Squadra Azzurra a raté les trois dernières Coupes du monde, Jannik Sinner et ses compatriotes brillent sur le circuit ATP.

C’est tout simplement historique. Pourtant considéré comme un pays de football, l’Italie a vu son nombre de pratiquants chuter de manière spectaculaire alors que le tennis ne fait que grandir ces dernières années. Au point où l’on compte désormais plus de licenciés tapant dans une balle jaune que dans un ballon, alors que cette bascule a eu lieu en 2024.

Comme le révèle la presse locale, la Fédération italienne de tennis et de padel compte désormais 1 162 477 adhérents, soit 20,2 % du total des inscriptions fédérales, contre 1 123 054 sportifs enregistrés auprès de la Fédération italienne de football (19,5 %). La portée symbolique de ce dépassement est immense : pendant plus d’un siècle, le football a constitué la référence incontestée du sport organisé sur le territoire italien. Aujourd’hui, la première place revient aux disciplines maniant des raquettes.

Le football italien en chute libre

Le championnat local semble plutôt bien fonctionner. La Serie A est le deuxième championnat possédant le plus grand nombre de points au classement UEFA. Même si aucun club n’a réussi à franchir le cap des huitièmes de finale de Ligue des champions la saison dernière, l’Inter Milan avait tout de même atteint la finale à deux reprises en 2023 et 2025, alors que le club interiste, l’AC Milan et Naples s’étaient tous les trois retrouvés en quarts lors de l’exercice 2022-2023.

Mais ce qui fait le plus défaut en Italie est sans aucun doute l’équipe nationale. Quadruple championne du monde (1934, 1938, 1982, 2006), la Squadra Azzurra a raté les trois derniers Mondiaux, ce qui a fait chuter sa côte de popularité dans le pays, même si l’anomalie se situe en 2021 lorsque Roberto Mancini et ses hommes avaient remporté l’Euro. En pleine mutation, la Fédération italienne de football (FIGC) retente sa chance avec celui qui avait fait gagner le titre européen il y a cinq ans.

Le tennis en progression

Grâce à son champion Jannik Sinner, le tennis italien a pu largement se développer sur la péninsule. Actuel numéro un mondial et vainqueur de cinq titres du Grand Chelem, l’athlète de 25 ans a su faire rayonner l’Italie à travers le monde. Et d’autres noms transalpins se sont installés dans le top 50 du classement ATP, comme Flavio Cobolli (5e), Luciano Darderi (21e), Lorenzo Musetti (25e), Matteo Arnaldi (36e) ou encore Matteo Berrittini (45e).

Et la Fédération italienne de tennis et de padel a massivement investi ces dernières années dans la construction de courts, d’écoles ou encore l’augmentation d’entraîneurs. Et l’un des investissements les plus stratégiques concerne les tournois de niveau intermédiaire. Il y a 25 ans, seuls huit tournois masculins de catégorie « Challenger » et 16 tournois masculins « Futures » étaient organisés en Italie. Aujourd’hui, le calendrier italien compte environ 90 événements internationaux, répartis entre les circuits masculin et féminin, notamment le Masters 1000 et le WTA 1000 de Rome ainsi que les ATP Finals à Turin.

En 2025, les revenus de la fédération de tennis ont dépassé ceux de la fédération de football. Ella a enregistré plus de 240 millions d’euros, tandis que la FIGC a encaissé 214 millions d’euros, en partie en raison de l’absence de compétition internationale majeure. Par ailleurs, les prévisions pour 2026 tablent sur des revenus supérieurs à 280 millions pour la FITP, un niveau jamais atteint auparavant par aucune fédération.

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