mardi, novembre 3, 2026
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TOUT COMPRENDRE – Prix, dates, chaînes candidates… tout ce qu’il faut savoir sur l’appel d’offres des droits TV de la Ligue 1

C’est le grand jour pour le football français. Après seulement un an et demi de diffusion sur la plateforme Ligue 1+, la LFP remet en jeu les droits de la Ligue 1 ce mardi. Cet appel d’offres doit permettre aux dirigeants de la Ligue de trouver un diffuseur solide, capable d’offrir un minimum garanti aux 18 clubs de l’élite, et ainsi d’assurer la diffusion du championnat de France dès la saison prochaine et jusqu’en 2032. Explications.

Quelles sont les dates de cet appel d’offres?

L’appel d’offres de la Ligue 1 débute ce mardi 3 novembre et se terminera le lundi 7 décembre. Un peu plus d’un mois pour permettre aux candidats intéressés de se faire connaître auprès de la LFP et des deux cabinets d’avocats d’affaires mandatés, puis de remettre un dossier complet comprenant l’ensemble des pièces demandées. La période de diffusion concernée s’étendra de la saison prochaine (2027-2028) jusqu’en 2032. Soit 5 ans.

Pourquoi dès 2027 et pas en 2029?

Selon un PV du conseil d’administration de la LFP, Olivier Bramly a expliqué pourquoi la Ligue avait décidé de commercialiser ses droits TV de la Ligue 1 dès la saison prochaine. « Les échanges engagés avec les opérateurs ont permis de confirmer leur intérêt pour une commercialisation portant sur la période 2027-2032, plutôt que sur la période 2029-2034 initialement envisagée. Cette dernière présentait notamment des difficultés liées à l’éloignement de l’échéance et aux incertitudes entourant la période intermédiaire 2027-2029 », explique le PV de la LFP.

Comment cet appel d’offres va-t-il se dérouler?

Ce mardi, les candidats ayant manifesté leur intérêt pour la diffusion du championnat de France vont recevoir un pli contenant les documents essentiels au bon déroulement de l’appel d’offres. Pendant une bonne partie du mois de novembre, des échanges auront lieu entre les potentiels candidats et les services de la LFP. Toutes les questions pourront être posées afin de préparer au mieux le dossier final, qui devra être remis dans les prochaines semaines, avant la date butoir. Les offres des diffuseurs intéressés devront comporter des engagements, notamment sur le plan financier, avec des garanties renforcées pour éviter les mauvaises surprises que la LFP a pu connaître lors de l’épisode Mediapro.

L’appel d’offres propose-t-il plusieurs lots?

Non, l’appel d’offres ne propose pas plusieurs lots. Un seul lot est disponible à l’achat, avec les neuf rencontres de Ligue 1 par week-end en exclusivité. « L’appel à candidatures reposera sur deux configurations possibles, portant chacune sur l’intégralité des rencontres de Ligue 1: d’une part, un modèle classique de cession des droits internationaux et, d’autre part, un modèle de distribution exclusive de Ligue 1+, explique un procès-verbal du conseil d’administration de la Ligue, daté du 21 octobre.

Qui gère cet appel d’offres?

Les deux cabinets d’avocats mandatés, Joffe&Associés et Latham&Watkins, sont aux manettes. Ils s’appuient sur un comité de pilotage mis en place par la LFP. Ce comité restreint est composé du président de la LFP, Vincent Labrune, du directeur général de LFP Media, Olivier Bramly, le patron du collège de Ligue 1, Olivier Létang, de Jean-Pierre Caillot, président de Reims et du collège de Ligue 2, ainsi que de Nicolas de Tavernost, président du CA du Stade Rennais. Dans ces négociations, il faut également compter sur l’éclairage du fonds d’investissement CVC, qui sera lui aussi représenté. « Ce comité aura notamment pour mission d’examiner l’architecture de l’appel à candidatures en amont de son lancement, puis de participer, aux côtés des équipes de LFP Media, à l’analyse des offres reçues et à l’examen des suites à leur donner, notamment en matière d’attribution », précise la LFP dans son procès-verbal à ce sujet.

La LFP a-t-elle reçu des marques d’intérêt pour la Ligue 1?

« Depuis plusieurs mois, nous avons reçu un certain nombre de marques d’intérêt concrètes de la part de différents acteurs du marché que nous avons rencontrés avec Olivier Bramly », a expliqué Vincent Labrune, président de la LFP lors d’une récente communication. Devant les membres du Conseil d’administration de la LFP, Olivier Bramly avait expliqué que « les équipes de LFP Media ont engagé depuis plusieurs mois des discussions avec différents acteurs du marché, notamment américains et historiques, dont les marques d’intérêt confortent l’opportunité de lancer cette consultation ». Mais dans tous les cas, la Ligue était dans l’obligation de lancer un appel d’offres à cette période afin de trouver un futur diffuseur. Pourquoi? Dans les contrats passés avec les distributeurs de Ligue 1+, une clause de sortie doit être activée avant la fin du mois de mars par les services de LFP Media. Le mois de novembre est donc propice à lancer cet appel d’offres pour ne pas être sous pression à l’approche de cette échéance.

Quel est le montant du prix de réserve de cet appel d’offres?

Le prix de réserve reste confidentiel pour garantir le bon déroulement de l’appel d’offres et la concurrence entre tous les acteurs. Il s’agit du montant minimum à atteindre pour que la consultation du championnat de France soit considérée comme fructueuse.

Un diffuseur sera-t-il connu le 7 décembre?

Pas nécessairement. Tout dépendra notamment de la capacité des candidats à atteindre le prix de réserve fixé par la LFP. Reste également à savoir si, comme lors des appels d’offres qu’elle a pu organiser par le passé, un « droit de match up » sera réservé au candidat le mieux-disant dans le cas où ce prix de réserve ne serait pas atteint. Si, le 7 décembre, aucun diffuseur ne sort vainqueur de l’appel d’offres, la Ligue pourra alors entamer des discussions de gré à gré avec les différents acteurs du marché.

Quel comportement pour Canal+?

C’est le silence radio du côté de Canal+ sur le sujet. Il y a quelques jours, en marge de la présentation des résultats financiers du groupe, Maxime Saada, président du directoire de Canal+, avait toutefois évoqué l’appel d’offres de la Ligue 1 sans en dire trop. « Je pense que nous verrons le moment venu, nous évaluerons la situation. Mais ce que je peux vous dire, c’est que nous ne mettrons pas d’argent si nous pensons que nous ne pourrons pas le récupérer. Ça ne peut pas être une dépense sans profits », a expliqué le dirigeant. Et de poursuivre: « Si nous faisons quelque chose dans ce domaine, cela doit être rentable. Nous sommes dans une position où nous n’avons pas vraiment besoin de ces droits, donc nous les considérerons comme une opportunité, puis nous examinerons les conditions et la situation du marché. »

Et du côté de beIN Sports?

« Je pense qu’il est important, encore une fois, pour qu’un produit fonctionne, il n’y a pas que des appels d’offres, il n’y a pas que des contrats, il n’y a pas que des montants de droits, il y a aussi l’exposition, la valeur ajoutée que peuvent apporter des diffuseurs et la distribution. Et il est vrai qu’aujourd’hui, la force de Canal, sur le marché français, est une plateforme importante qui valorise les compétitions et qui valorise la diffusion du sport en France et c’est pour ça que nous sommes très fiers aussi d’avoir ce contrat de distribution exclusive avec Canal depuis 2020 », avait simplement indiqué Florent Houzot, directeur des antennes, des programmes et de la rédaction de beIN Sports France, en septembre dernier, lors d’une interview accordée à RMC. Le retour de la Ligue 1 sur beIN Sports pourrait permettre au diffuseur qatari de retrouver un catalogue séduisant avec la Coupe de France, la Bundesliga ou encore le prochain Euro et la Coupe du monde 2030.

Peut-on avoir un acteur surprise lors de cette consultation?

Oui, c’est tout à fait possible, et ça pourrait servir les dirigeants du football français avec un candidat surprise qui décide de débourser un montant assez fort pour s’offrir les droits TV du championnat de France. Des géants du numérique pourraient profiter de cette consultation, qui concerne un droit prestigieux et susceptible d’attirer de nombreux abonnés, pour s’installer sur le marché français. D’autres acteurs du secteur des médias pourraient également saisir cette occasion pour faire leur entrée dans l’univers du football national.

Disney+, Paramount, Prime Video… les géants américains pour sauver le football français?

L’arrivée de Disney+ sur le marché français des droits sportifs, avec l’obtention des droits du championnat espagnol en début de saison, n’est pas passée inaperçue dans le secteur. Pour de nombreux interlocuteurs, la plateforme pourrait être l’un des acteurs importants de cette consultation qui s’ouvre ce mardi. De son côté, Paramount avait déjà fait parler de lui dans ce domaine en déposant une offre pour les droits de la Ligue des champions lors du dernier appel d’offres en France, face à Canal+. Le groupe n’avait finalement pas remporté les droits, mais avait marqué des points sur le marché européen avec des lots obtenus au Royaume-Uni ou encore en Allemagne. Enfin, Amazon, déjà présent en Ligue 1 il y a quelques saisons, pourrait être tenté de revenir dans la course. À partir de ce mardi, le sprint débute. 

Est-ce la fin de Ligue 1+? 

Non pas pour le moment. Un acteur a toujours la possibilité d’obtenir la diffusion exclusive de la plateforme Ligue 1+ dès la saison prochaine. Ligue 1+ pourrait donc continuer d’exister après la saison prochaine, mais chez un acteur bien précis. Lors du Conseil d’administration du 21 octobre, Olivier Bramly avait souligné « que le développement de Ligue 1+ constitue un élément essentiel de la stratégie de commercialisation. Il précise que l’appel à candidatures ne pourra être considéré comme fructueux que s’il permet de générer des revenus sensiblement supérieurs à la trajectoire prévisionnelle de Ligue 1+, et non simplement aux revenus actuellement réalisés par la plateforme. Cette trajectoire, établie selon des hypothèses prudentes, car pondérée du risque pondéré d’exécution, constitue ainsi la référence économique à partir de laquelle les offres seront appréciées ».

Toujours dans le même procès-verbal, compte rendu du CA du 21 octobre, Olivier Bramly avait insisté lors de la réunion « sur l’importance de la communication des clubs durant cette période, afin de valoriser le championnat, ses joueurs et la plateforme Ligue 1+ auprès des opérateurs, y compris internationaux, susceptibles de se positionner ».

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