« C’est un héros », toute la Géorgie retient son souffle en espérant un sacre historique de Kvaratskhelia

Après avoir flambé en Ligue des champions la saison passée avec le PSG, Khvicha Kvaratskhelia pourrait devenir le premier Géorgien à décrocher le Ballon d’or 2026, ce lundi à Londres, même si la concurrence est rude avec Lamine Yamal, Kylian Mbappé ou Harry Kane. Dans son pays, l’attente est très grande, alors qu’il est la star locale.

Quelles audiences pour la cérémonie du Ballon d’or 2026 en Géorgie? Difficile de répondre à cette question mais on peut se mouiller un peu en répondant qu’elle sera très suivie. Depuis l’annonce des 30 nommés le 8 septembre dernier, le football géorgien attend ce lundi 26 octobre avec impatience car l’un des leurs, Khvicha Kvaratskhelia, est cité parmi les favoris. « C’est un héros, une personne qui veut représenter la nouvelle génération géorgienne et c’est une idole pour les jeunes, mais pas que », assure Amiran Shaishmelashvili, journaliste local.

« Dans toutes les sphères il est populaire, car c’est un exemple de comment passer de ‘zéro à héros’. Quand tu n’as rien mais que tu fais tout pour aller au plus haut. » Déjà considéré comme le meilleur joueur de football de l’Histoire en Géorgie à 25 ans, « Kvara » a effectivement connu quelques freins à sa carrière. Son père était certes joueur lui aussi mais il fallait à l’ailier parfois plusieurs heures pour aller de son village de campagne à la grande ville la plus proche. Et après avoir connu le Dinamo Tbilissi et Rustavi, il s’envole pour la Russie mais doit revenir au pays, au Dinamo Batumi, quand la guerre éclate. « Il a beaucoup galéré étant jeune, il a fait beaucoup de sacrifices et il représente les valeurs des Géorgiens: travailleurs, fiers, très généreux », ajoute Adel Chedli, adjoint de Willy Sagnol à la tête de la sélection nationale jusqu’à fin septembre. « Lors de notre dernier match avec Willy contre l’Irlande du Nord, on a compris que c’était quelque chose d’énorme pour eux, c’est exceptionnel qu’un jeune joueur comme lui soit nommé trois fois sur les quatre dernières saisons. »

Un succès jamais connu au pays

Khvicha Kvaratskhelia collectionne ses principaux trophées en double: deux fois champion d’Italie, de France mais surtout deux fois vainqueur de la Ligue des Champions, entre autres. « Nous sommes un petit pays avec une petite population (moins de 4 millions d’habitants) mais en dehors de ça, on a beaucoup de succès dans le sport, dans presque toutes les disciplines: lutte, judo, basket, rugby et le foot car ces dernières décennies, nous avons eu de bons joueurs. Nous avons au compteur quatre Ligue des champions (Kakhaber Kaladze en a aussi soulevé deux avec le Milan AC), deux fois champions NBA (avec Zaza Pachulia)… Nos équipes nationales en rugby, hand, basket et foot sont qualifiées pour les championnats d’Europe, voire du monde », égrène Amiran Shashmelaishvili, qui évoque aussi le succès au MMA.

« Nous avons des champions olympiques mais le succès de Kvara personne ne l’a eu avant. C’est un ambassadeur du pays. » Avec dix buts en Ligue des champions la saison dernière et le titre de meilleur joueur de la compétition, le Géorgien prouve qu’il progresse, encore. Et fait briller sa nation. « C’est devenu un porte-drapeau de la Géorgie à l’étranger, une icône », reconnaît Adel Chedli. « Une personne très respectée et qui veut montrer une belle image de son pays à l’extérieur, ce qu’il fait très bien. Il travaille énormément pour se donner au mieux et montrer que la Géorgie n’est pas un petit pays de football mais qu’il y a du talent. Il est très ouvert, avenant, généreux, abordable. »

« Le Zizou géorgien »

Dans les rues de Tbilissi, il n’est pas rare de voir le Géorgien s’afficher en grand sur des publicités. « Mais on sait qu’on est un petit pays. On n’a pas joué la Coupe du monde donc ça peut le pénaliser. En Géorgie, les gens pensent qu’il le mérite mais ça ne dépend pas que de lui », ajoute notre journaliste qui espère un scenario à la Georges Best en 1968, seul Nord-Irlandais sacré et sans jouer le Mondial. Yamal, Dembélé, Mbappé, Kane… Nombreux sont les prétendants. « Pour les Géorgiens il le mérite et à nos yeux aussi », espère Adel Chedli. « Ce ne serait pas une surprise qu’il soit gagnant pour moi. Ce serait énorme pour ce pays, car c’est un symbole là-bas, tout le monde s’identifie à lui, le football a explosé ». « C’est un futur président, c’est le Zizou Géorgien », ajoute-t-il en souriant.

Le point noir reste son absence à la cérémonie organisée ce lundi soir à Londres, à cause de sa grave blessure au genou qui va le tenir éloigné des terrains durant de longs mois. « Mais il y a toujours un gros intérêt sur cette cérémonie, une des plus populaires dans le sport en Géorgie et tout le monde espère qu’on finira haut », dit-on à la Fédération géorgienne de football. « Dans les médias géorgiens, on parlait beaucoup de ça ces dernières semaines. C’est un des sujets les plus importants. » Et cela pourrait le rester longtemps en cas de résultat heureux.

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