jeudi, novembre 5, 2026
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des critiques au déclassement, la triste fin de la légende portugaise avec sa sélection

Un mois après son départ fracassant du rassemblement et malgré la fin de sa suspension, Cristiano Ronaldo a annoncé ce jeudi sa retraite internationale avec le Portugal. Une sortie ratée pour la légende du football mondial, qui avait plusieurs fois refusé de raccrocher malgré les critiques avant un déclassement qui a viré au fiasco.

Il aura donc disputé son 234e et dernier match avec le Portugal le 24 septembre dernier, lors de la victoire en Ligue des nations contre le pays de Galles (1-0). Un mois après avoir claqué la porte de la sélection sur fond de tensions avec son sélectionneur Jorge Jesus, Cristiano Ronaldo a annoncé ce jeudi sa retraite internationale sur Instagram dans une vidéo intitulée Le Portugal sera toujours en moi.

Capitaine de la sélection depuis 2008, CR7 referme là une page de l’histoire du football remplie de records. Aucun footballeur masculin n’a compté autant de sélections (234) ni inscrit autant de buts (146) pour son pays que lui. Le quintuple Ballon d’or, qui a porté le maillot portugais pendant 23 ans, a contribué aux trois premiers titres majeurs de la Seleçao: l’Euro en 2016 et la Ligue des nations en 2015 et 2019.

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Son dernier record sous les couleurs de sa sélection? Être devenu le premier joueur à marquer dans six Coupes du monde différentes, lors du Mondial cet été. Une ultime grande compétition avec le Portugal au cours de laquelle il n’avait toutefois pas échappé aux critiques.

Apport limité, jeu trop égoïste…

Sa présence même au sein du groupe retenu par le sélectionneur alors en poste, Roberto Martinez, avait déjà fait parler. Blessé début 2026, il n’avait pas participé aux matchs de préparation au printemps. Et bien qu’impressionnante, sa longévité commençait à susciter quelques interrogations, notamment sur sa condition physique.

« Je vais bien, vous n’avez pas vu les matchs », avait alors balayé le joueur de 41 ans avant de s’envoler pour les États-Unis.

Mais le match nul inaugural de la Seleçao (1-1 face à la RD Congo) avait relancé les débats sur sa présence. Daniel Riolo avait par exemple estimé que le vétéran, titulaire et resté muet lors de cette rencontre, tirait sa sélection vers le bas tandis que Thierry Henry avait fracassé son jeu trop égoïste. Les Congolais avaient également avoué après le match: « On sait qu’il n’est plus même joueur. »

Son cas avait tellement cristallisé les critiques que son propre coéquipier João Neves s’était attiré les foudres de ses très nombreux fans autoproclamés après sa petite phrase: « On sait ce que Cristiano a fait pour nous, mais en ce moment, il est comme nous. C’est juste un joueur de plus qui est là pour nous aider. Il est comme tous les autres. »

Si la situation s’était quelque peu apaisée après son doublé au match suivant contre l’Ouzbékistan, ses titularisations sans même jamais être remplacé avaient fait l’objet de questions auprès du sélectionneur Roberto Martinez, qui assumait ses choix. Il n’en reste pas moins que la star n’a jamais pesé dans la rencontre lors de l’élimination dès les huitièmes de finale face à l’Espagne (0-1).

« Trop, c’est trop »

Sorti en larmes, Cristiano Ronaldo avait ensuite confirmé qu’il avait bien disputé sa dernière Coupe du monde (compétition qu’il n’aura donc jamais gagnée), tout en refusant de tirer un trait sur sa carrière internationale. Et s’il vantait son bilan en sélection en assurant qu’il avait la « conscience tranquille » malgré les critiques sur son manque d’influence, la presse portugaise souhaitait, elle, le voir raccrocher. C’est « l’heure des adieux », titrait Record, « on ne veut pas te ‘tuer’ mais trop, c’est trop », abondait A Bola.

Alors, forcément, lorsque Jorge Jesus a été nommé sélectionneur du Portugal après l’échec de la Coupe du monde, le technicien de 72 ans a rapidement été interrogé sur le cas de Cristiano Ronaldo. « Il ne sera jamais un problème », avait assuré l’ancien coach d’Al-Nassr, qui l’avait déjà entraîné la saison dernière au Qatar. « À partir du moment où il joue et qu’il est en mesure d’être sélectionné, je le ferai, dans une certaine limite et dans les conditions que je considérerai qui sont les meilleures pour la sélection. »

À l’inverse de Lionel Messi, autre légende en fin de carrière et qui a fait ses adieux à l’Albiceleste lors d’un match de gala face au Bénin le 6 octobre à Buenos Aires, CR7 était ainsi bien convoqué pour la Ligue des nations en septembre dernier. Considéré comme le « choix parfait » pour le Portugal par la star elle-même, Jorge Jesus avait toutefois déclaré: « Il est un joueur comme les autres. S’il a du rendement il joue, s’il n’en a pas il ne joue pas. Il a un statut différent car sa carrière est différente, il a cinq Ballon d’or. Après, est-ce que ça compte pour mes décisions? Non. »

Un point de non-retour après son départ du rassemblement

Des propos prémonitoires? Après un match frustrant face au pays de Galles, où il a été remplacé à 25 minutes de la fin, Cristiano Ronaldo a passé l’intégralité de la rencontre sur le banc lors de la victoire en Norvège (2-1), une première dans un match officiel depuis l’Euro 2008. Il a ensuite rejoint directement le vestiaire au coup de sifflet final, sans aller saluer les fans comme tous ses partenaires. Le début du psychodrame.

Absent de l’entraînement le lendemain, l’attaquant ne s’est pas non plus entraîné le jour suivant – veille du match contre le Danemark – après les propos de Jorge Jesus, qui a assuré en conférence de presse que le joueur ne lui dicterait pas ses choix tactiques. Avant de quitter précipitamment le camp d’entraînement du Portugal à Copenhague.

Quelques jours plus tard, Cristiano Ronaldo a vidé son sac dans un communiqué explosif, accusant Jorge Jesus de l’avoir trahi à deux reprises: en le faisant s’échauffer sans le faire entrer en jeu contre la Norvège puis en ne lisant pas un communiqué lors de cette fameuse conférence de presse. Dans ce texte délirant, rédigé par ses soins, le sélectionneur devait lui présenter ses excuses et flatter très fortement son ego, notamment en le considérant comme un « joueur de l’envergure de Pelé ou de Maradona ». Ce qui n’a pas manqué, une nouvelle fois, d’attiser les critiques des observateurs, la presse portugaise ironisant sur ses demandes surréalistes.

(Très) faiblement sanctionné par la Fédération portugaise de football (FPF), avec une suspension de 30 jours et une amende dérisoire de 255 euros, Cristiano Ronaldo aurait pu faire son grand retour avec la sélection dès la prochaine fenêtre internationale, pour laquelle Jorge Jesus dévoilera sa liste ce vendredi. Le joueur, qui avait assuré qu’il serait « disponible » après avoir purgé sa suspension, a même reçu une préconvocation de son sélectionneur, qui avait lui aussi laissé la porte grande ouverte à un retour de la star. Mais la fracture entre la légende portugaise et le Portugal aura finalement été irréversible.

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