Pour son entrée en lice à la Coupe du monde 2026, l’Iran a accroché le nul face à la Nouvelle-Zélande (2-2) dans la nuit de lundi à mardi. S’il s’est joué dans un contexte particulier au regard de la situation géopolitique mondiale, le match s’est déroulé sans accroc mais a toutefois donné lieu à des contestations politiques.
Le football a repris ses droits… du moins, momentanément. Après de nombreux soubresauts, la sélection iranienne a bien pu poser le pied sur le sol américain et a lancé sa Coupe du monde 2026 par un match nul spectaculaire contre la Nouvelle-Zélande (2-2) dans la nuit de lundi à mardi. Le tout devant le président de la Fifa, Gianni Infantino, présent au SoFi Stadium de Los Angeles.
Mais si la « Team Melli » a su mettre de côté le contexte très tendu autour de sa participation pour répondre physiquement et enchaîner les occasions, la tenue de la rencontre a toutefois été l’occasion pour certaines personnes de la communauté iranienne de faire passer des messages contestataires. Certaines franges de la diaspora iranienne estiment en effet que le Mondial constitue une tribune idéale pour exprimer leur opposition au régime.
Plusieurs bouts de drapeaux assemblés dans le stade
Malgré l’interdiction de la Fifa, qui n’avait autorisé que le drapeau officiel du pays, nombreux étaient les drapeaux iraniens pré-révolution, avec un lion brandissant un sabre et d’un soleil. Le symbole de supporters déchirés entre l’amour de leur pays et la dureté du régime en place. Pour braver cette interdiction, plusieurs supporters iraniens ont chacun passé la sécurité avec un bout de drapeau, avant de l’assembler une fois dans les tribunes, comme le montre une vidéo sur X.
Ce drapeau pré-révolution islamique de 1979, étendard de la contestation iranienne en opposition au régime des mollahs, était également au dos des tee-shirts de certains spectateurs. Quant à l’hymne iranien, il a été chanté et sifflé à la fois. « Je vais huer l’hymne national, vous imaginez », confiait à RMC Sport un supporter, David, qui ne venait pas supporter une équipe parce que « ce n’est pas son équipe nationale ».
« S’il y a un quelconque problème entre nous, c’est notre affaire, ça ne vous regarde pas », a répondu sèchement, mais poliment, Ramin Rezaian en conférence de presse d’après-match lorsqu’il a été interrogé sur ces sifflets. « Je vous respecte, mais c’est un sujet qui nous concerne, nous, et que nous allons régler, ne vous inquiétez pas », a-t-il ajouté.
Selon l’AFP, ils étaient également plusieurs centaines à être venus manifester leur opposition au régime iranien devant le stade de Los Angeles en amont du match. A l’issue de la rencontre, les rassemblements contre le pouvoir iranien se sont poursuivis aux abords du stade. Si certains manifestants accusent l’équipe nationale de faire le jeu du pouvoir, pendant le match, les joueurs iraniens ont, en revanche, été bruyamment encouragés par le public qui était majoritairement pour la « Team Melli ».
Le ministre iranien des Sports avait menacé d’un possible arrêt des matchs
La ville de Los Angeles est notamment surnommée « Tehrangeles » pour montrer l’importance de la communauté iranienne sur place, avec un quartier dédié à cette forte communauté. Ces Iraniens présents à LA sont souvent en opposition complète avec le régime en place. À quelques heures de l’entrée en lice de l’équipe iranienne, une crainte importante de messages politiques se faisait sentir chez plusieurs interlocuteurs dans l’organisation de cette rencontre. Peu avant le coup d’envoi de la compétition il y a près d’une semaine, le ministre iranien des Sports, Ahmed Donyamali, avait, lui, menacé d’un possible arrêt des matchs de la « Team Melli » si des chants ou des manifestations politiques contre le régime émergaient des tribunes.
Après des mois d’incertitudes liées à la guerre au Moyen-Orient, l’Iran participe bien au tournoi mais a déplacé à la dernière minute son camp de base au Mexique, plutôt que de s’installer dans l’Arizona, et a vu les Etats-Unis refuser des visas à une quinzaine de membres de sa délégation. « L’équipe nationale iranienne est peut-être l’équipe la plus opprimée de l’histoire de la scène internationale », a lâché le sélectionneur Amir Ghalenoei après le match, dénonçant un « désastre » logistique.