
Consultant sur CBS, Thierry Henry a pris la parole sur l’attentat raciste de Trappes et La Verrière (Yvelines) en marge de la soirée de Ligue des champions, ce mardi. L’ancien attaquant de l’équipe de France a souhaité partager son indignation et son émotion.
« À un moment donné, ça suffit. » En marge de la soirée de Ligue des champions, ce mardi, Thierry Henry a souhaité prendre la parole à la télévision américaine sur ce qu’il a qualifié de « sujet lourd ». Lancé par la journaliste Kate Scott, sa collègue à CBS, l’ancien recordman du nombre de buts en équipe de France s’est exprimé sur le récent attentat raciste qui a frappé les Yvelines.
Vendredi 23 octobre, un homme a ouvert le feu à plusieurs reprises à Trappes et La Verrière. Cinq personnes ont été touchées, dont une personne qui a succombé à ses blessures, Pengo Bossio Wangi, combattant MMA âgé de 26 ans. L’assaillant a également fait sept blessés, dont une fillette de 12 ans grièvement touchée. Le suspect, Kévin T. (39 ans), a été mis en examen et placé en détention provisoire après avoir reconnu, selon le procureur national antiterroriste, avoir ciblé des personnes musulmanes, africaines ou nord-africaines et avoir choisi la ville de Trappes, estimant qu’il s’agit d' »un repaire d’islamistes ».
« Cela aurait pu être mon frère, cela aurait pu être ma fille »
« Je souhaite simplement, d’une certaine manière, rendre hommage et témoigner mon respect aux familles des victimes, et évidemment à la famille de Pengo, qui a perdu la vie simplement parce qu’il était noir », a détaillé Thierry Henry sur CBS ce mardi soir. « Les gens ont pensé qu’il (le suspect, NDLR) avait perdu la raison. Nous savons tous qu’il n’avait pas perdu la raison, car quatre jours plus tard, il a lui-même déclaré qu’il ciblait précisément les personnes qu’il visait. »
« Je voulais simplement expliquer cela. À un moment donné, ça suffit », poursuit Thierry Henry, né dans l’Essonne. « On se promène dans la rue et on se fait tuer, tout simplement. Comment pourrais-je exprimer cela? C’est comme une épreuve. Est-ce que nous, ou est-ce que moi, devons toujours prouver que nous sommes français? Nous sommes français et cela ne changera jamais, quoi qu’il arrive. Je suis noir, je suis français, je suis père de famille. Cela aurait pu être mon frère, cela aurait pu être ma fille. Alors, cela doit cesser. »
« Je voulais simplement apporter un peu de soutien à toutes les personnes qui ont souffert de cet événement parce que, comme je l’ai dit, je vais me répéter: ça suffit. Et je voulais témoigner mon plus profond respect aux familles qui ont été touchées par cette tragédie. Merci de m’avoir permis de dire cela. C’était très important pour moi », conclut Thierry Henry. Sa prise de parole a été suivie par quelques applaudissements de ses collègues sur le plateau, les deux anciens joueurs Jamie Carragher et Micah Richards.





