
Après les graves incidents survenus en marge de la réception du Havre, le 29 août dernier en Ligue 1 (1-1), Michael Gerlinger, le directeur général de l’OL, appelle les pouvoirs publics à intervenir afin de mettre fin aux actes de violences et de racisme près du Groupama Stadium.
Le premier match à domicile de l’OL cette saison a été marqué par plusieurs incidents graves en marge de la réception du Havre, le 29 août dernier en Ligue 1 (1-1). Avant et après la rencontre, des actes violents, et pour certains qualifiés de racistes, ont été commis aux abords du Groupama Stadium. De quoi choquer les dirigeants du club rhodanien.
“J’ai vu quelques photos, c’est une violence complétement malade”, a réagi le directeur général Michael Gerlinger, ce lundi lors d’une conférence de presse. “Apparemment, des groupes se sont rassemblés avec des armes, donc à mon avis, ce ne sont pas des gens qui aiment le foot. Ce ne sont pas des gens qui viennent au stade pour nous supporter. Ce sont des gens qui ont des problèmes entre eux et qui viennent avec des cagoules, des armes, c’est terrible.”
“Je n’ai jamais vu une telle violence”
L’OL assure aujourd’hui ne pas être en mesure d’empêcher ces agissements et en appelle aux pouvoirs publics. “Là, on a besoin de l’aide de l’État. On a besoin de l’aide de la police”, lance son dirigeant allemand de 53 ans. “On est en contact avec eux. J’ai parlé après le match d’Auxerre (vendredi dernier) avec la préfecture pour prendre des nouvelles. Ils sont en train de finaliser leurs enquêtes. On va attendre les résultats de ces enquêtes et on va voir ce qui s’est passé. Je n’ai jamais vu une telle violence, je dois dire. Je suis dans le business depuis vingt ans. C’est quelque chose que nous seuls on ne peut pas gérer, surtout si c’est en dehors du stade. Mais je pense que tout le monde va travailler là-dessus, parce qu’on ne veut pas voir ça.”
Malgré la violence des incidents, l’Olympique lyonnais n’a pas encore pu agir à son niveau pour apporter une réponse ferme. Mais le club compte bien le faire, d’après son directeur général. “Le club doit attendre les faits. Je suis juriste de formation et là, il faut attendre les faits établis”, rappelle Michael Gerlinger, passé par le Bayern Munich et Botafogo. “Après, on pourra prendre des mesures et on va le faire, c’est absolument clair. On prend interdire de stade ou de rassemblement, mais le plus important, c’est aussi des sanctions pénales sévères pour ces gens-là. Je sais que les procédures sont souvent longues mais j’espère que cette fois, ça ira un peu plus vite (…) Je ne comprends pas comment des gens peuvent faire des choses pareilles. Ça me dépasse. Venir avec des armes et taper sur des gens qui sont à terre, je ne comprends pas…”
“Dans le stade, ça marche assez bien”
En poste depuis deux ans, Michael Gerlinger explique avoir instauré un dialogue avec les ultras de l’OL. Et il compte bien poursuivre dans cette voie: “Le club doit continuer de travailler avec les groupes de supporters dans le stade. Moi, j’ai beaucoup de contacts avec eux. On a beaucoup parlé. On leur a dit clairement ce qu’on ne veut pas voir dans notre stade. On a aussi travaillé sur des questions d’interdiction de rassemblement, des positionnements dans le stade entre groupes qui ne s’aiment pas trop. Dans le stade, on a l’impression que ça marche assez bien. Pas bien, mais ça marche.”
Avant le match face au Havre, deux personnes, dont un jeune homme de 17 ans, ont été roués de coup aux abords du Groupama Stadium. Une agression qui serait liée à des tensions entre supporters lyonnais. Le groupe Atypik (anciennement Six-Neuf Pirates), qui se définit comme “cosmopolite, populaire et ouvert à tous”, a affirmé dans un communiqué avoir été victime d’un guet-apens. La mère du jeune blessé a témoigné dans plusieurs médias pour dénoncer l’extrême-violence subie par son fils, qui a été roué de coups de pieds et de poings, avant d’être transporté dans un état préoccupant à l’hôpital.
Après la fin du match, un couple a également été agressé par plusieurs individus alcoolisés qui sortaient d’un bar. La femme, élue d’opposition de gauche à Rillieux-la-Pape, une commune voisine du Rhône, a expliqué sur Facebook qu’ils avaient essuyé des insultes racistes avant d’être frappés. Une enquête a été ouverte et trois suspects, des hommes trentenaires tous dotés de casiers judiciaires, ont été arrêtés vendredi dernier dans l’agglomération lyonnaise. L’un a été laissé libre sans poursuite. Les deux autres seront poursuivis devant le tribunal correctionnel le 18 février, pour “violences en réunion suivies d’incapacité totale de travail”, supérieure à huit jours pour les faits visant l’élue, et n’excédant pas huit jours concernant son compagnon, a précisé le parquet.






