vendredi, septembre 4, 2026

Pourquoi l’Arkema Première Ligue entre dans une nouvelle ère dès cette saison

La saison 2026-2027 d’Arkema Première Ligue s’ouvre ce vendredi 4 septembre avec Fleury-OL Lyonnes (21h). À quelques mois de la Coupe du monde au Brésil (24 juin-25 juillet), le football féminin français passe à la vitesse supérieure avec plusieurs innovations attendues.

La saison de la bascule commence dès ce vendredi. Plus de trois mois après son 19e titre de championne de France, l’OL Lyonnes remet sa couronne en jeu à partir de ce vendredi, lors de la 1re journée d’Arkema Première Ligue, sur la pelouse de Fleury (21h). Cette rencontre marque un tournant dans l’histoire du championnat, puisque pour la VAR sera déployée pour la première fois à l’occasion de la phase régulière. Lors des deux dernières années, seuls les matchs de play-offs (demies et finale) et la finale de la Coupe de France entre l’OL Lyonnes et le PSG, avaient le privilège d’être accompagnés par la vidéo.

La configuration sera la même que pour le championnat masculin, à savoir l’utilisation de quatre caméras par match, mais avec un coût moins important qu’en Ligue 1 (3,7 millions d’euros par an pour l’élite masculine), le nombre de matchs étant moins importants (6 par journée d’APL, 9 en Ligue 1). L’Arkema Première Ligue devient ainsi le premier championnat féminin du monde à en être équipé.

Début de la phase de promotion

Autre changement majeur: l’application de la convention collective. Le 18 mai dernier, un accord a finalement été trouvé entre les représentants des footballeuses professionnelles et des clubs. La conclusion de trois ans d’âpres discussions, malgré la création de la Ligue féminine de football professionnel (LFFP) le 1er juillet 2024, qui avait donné l’espoir d’une avancée rapide des négociations. Cette convention garantit notamment « des minimas de salaires revalorisés » pour la signature « d’un premier contrat professionnel d’une durée maximale de cinq saisons » pour une joueuse. D’autres sujets sont couverts par cet accord, dont le pécule de fin de carrière, la durée horaire minimum des contrats fédéraux à mi-temps, le maintien du salaire en cas de blessure (90 jours) ou encore la gestion des « lofts », pratique utilisée par les clubs pour se défaire des joueuses indésirables en les excluant des séances d’entraînement.

“Nous sommes à la fin d’un premier cycle de structuration et nous entrons désormais dans une phase d’accélération de la promotion et de la valorisation du championnat. La signature de la convention collective et la mise en place de la VAR, une première mondiale sur un championnat féminin, sont des signaux forts. Le football féminin avance vite. Collectivement, nous allons continuer à construire le meilleur pour son avenir”, indiquait Jean-Michel Aulas, le président de la LFFP, à l’issue de la saison 2025-2026.

“Le football féminin fonctionne comme une start-up: tous les indicateurs de croissance sont positifs, mais cette dynamique nécessite encore des investissements pour accélérer durablement son développement”, ajoute Andreea Koenig, vice-présidente de la LFFP.

Les jeunes au cœur du projet

Un an après la mise en place de la Coupe LFFP, compétition destinée à “alourdir” le calendrier, l’arrivée du Challenge Espoirs permettra aux clubs évoluant dans les compétitions professionnelles féminines (pour les joueuses U18 à U23) de disputer ce mini-championnat, comme c’est le cas pour les garçons depuis 2024-2025. “Je pense qu’on est sur la bonne voie, mais on sait aussi qu’on a un certain nombre d’obstacles devant nous à lever. On peut être la troisième ligue de sport collectif français”, assurait Paul-Hervé Douillard, le directeur général de la LFFP, en marge d’un bilan de la Ligue féminine à l’issue de la saison dernière.

“Il reste des défis et des choses à améliorer, car le football féminin français est en pleine transition vers un nouveau modèle économique”, rappelle Gaëtane Thiney. “Mais il faut aussi regarder la réalité du terrain : chaque week-end, la qualité sportive est là, avec une vraie intensité, une préparation athlétique de haut niveau et une exigence de performance qui grandit. Depuis trois ans, la Ligue Féminine de Football Professionnel structure le développement du championnat, et la signature cette année de la convention collective marque une nouvelle étape importante dans la professionnalisation du football féminin français. Les clubs se structurent, les affluences progressent, les résultats européens sont là, et je suis surtout très optimiste quand je vois l’intérêt et l’agitation des investisseurs autour du football féminin français. Tout cela me conforte dans une chose: je crois profondément en l’avenir de l’Arkema Première Ligue et au potentiel immense du football féminin français”, confirme la directrice sportive du Paris FC.

Si le championnat français arrive à développer son produit et ainsi concurrencer les voisins anglais, espagnol, allemand ou italien, cela pourrait donner des idées à une sélection en manque de résultats de faire briller l’étendard à l’international. Ça tombe bien, la Coupe du monde arrive l’été prochain.

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