mardi, juin 16, 2026
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« Vous allez vous croire à Bagdad », la diaspora irakienne promet une ambiance bouillante

Après 40 ans d’attente, la sélection irakienne est enfin de retour en Coupe du monde. Un bonheur exceptionnel pour ce pays de 46 millions d’habitants, mais dont les supporters ont vite déchanté face aux refus systématiques des autorités américaines de délivrer les visas. Pour compenser, la diaspora irakienne des Etats-Unis promet une énorme ambiance à Boston, dans la nuit de mardi à mercredi (à minuit, heure française), face à la Norvège, pour que l’équipe se sente « comme à Bagdad ».

Les regards du monde entier ou presque sont braqués sur l’équipe d’Iran depuis le début de cette Coupe du monde. Ses problèmes de visas, ses joueurs bloqués à la frontière, ses avions qui enchaînent les allers-retours entre le Mexique et les Etats-Unis… mais l’Irak vit une situation similaire. Le photographe officiel a été refoulé en arrivant sur le sol américain, et son attaquant vedette Aymen Hussein interrogé pendant 7 heures à l’aéroport de Chicago. , »C’est très malheureux » regrette Abdullah, supporter irakien installé à Seattle. « J’espère que dans le futur, ce sera plus simple pour venir en Amérique. Mais que peut-on faire? Il faut prier pour le meilleur ». A part le photographe, tous les autres membres de la délégation irakienne ont finalement pu fouler le sol des Etats-Unis, mais pas les supporters ni les journalistes d’Irak.

150.000 Irakiens vivent aux Etats-Unis

« C’est impossible pour nous d’aller en Irak, impossible pour eux de venir… c’est une situation difficile, c’est certain. Mais nous avons assez de supporters ici aux Etats-Unis. Vous serez au stade? Vous allez vous croire à Bagdad, nous serons 40.000, 50.000 dans le stade! ». La promesse est signée Nabhan, irakien exilé aux Etats-Unis et qui vit à Detroit. C’est d’ailleurs dans cette région, entre le Michigan et Chicago que vit la majeure partie de la large diaspora irakienne aux Etats-Unis. Ils sont plus de 150.000 selon les autorités américaines. Malgré le mur administratif US, les Lions de la Mésopotamie ne seront donc pas seuls au stade de Foxborough.

« Nous devons tout donner et supporter l’Irak pour eux »

Les Irakiens espèrent « un miracle » face aux gros du groupe Ittes de soleil dans les rues ensoleillées du downtown de Boston, Abdullah aura à cœur de compenser l’absence de ses compatriotes. « Ça m’a donné mal à la tête quand j’ai appris que les visas seraient refusés. J’ai eu la nausée même. Mais on ne peut rien faire. Alors nous qui sommes ici aux Etats-Unis, nous devons tout donner et supporter l’Irak pour eux! » Un supplément d’âme important pour ce pays au passé difficile, lui aussi en guerre contre les Etats-Unis au 21e siècle. « On est passé par des moments durs, on est sorti de la guerre alors c’est magnifique d’être ici pour du foot! » Le sélectionneur irakien, l’Australien Graham Arnold, veut éviter aussi de polémiquer. « C’est un souci pour les familles des joueurs évidemment. Mais l’accueil a été bon, l’hôtel est exceptionnel, le centre d’entraînement incroyable. C’est très excitant et le côté positif, c’est que nous sommes à la Coupe du monde! »

Les Irakiens espèrent « un miracl »» face aux gros du groupe I

Nabhan, avec ses sœurs, ses nièces et son fils, n’arrive pas à se départir de son immense sourire et de son t-shirt noir imprimé ‘Iraq World Cup 26’. « Je suis tellement heureux, 40 ans d’attente, vous imaginez! » Il était petit garçon quand l’Irak était sorti au premier tour du Mondial 1986, avec zéro point dans le groupe du Mexique, du Paraguay et de la Belgique. Abdullah n’était pas né mais la transmission a fonctionné. « Ma famille, mes grands-parents m’ont raconté la fierté. J’ai vu les images à la télévision aussi bien sûr. Depuis, j’ai toujours espéré un retour en Coupe du Monde, et ça y est. Bien sûr le groupe est difficile (Norvège, France, Sénégal). Mais beaucoup de petites équipes ont réussi de grandes choses dans ce Mondial. Les miracles existent. J’y crois moi aux miracles! »

Aurélien Tiercin, à Boston (Etats-Unis)

Olivier Perret
the authorOlivier Perret

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