Cartons d’audiences en Chine et au Brésil, développement au Mexique, nouveaux contrats… Pourquoi la Ligue 1 est « hyper dynamique » à l’international

Alors que sur le territoire français, la Ligue de football professionnel s’apprête à relancer un appel d’offres pour les droits TV de la Ligue 1, le championnat de France connaît une forte dynamique à l’étranger. Les audiences sont en hausse dans de nombreux territoires, et les accords de diffusion se multiplient à travers la planète. D’autres éléments peuvent aussi expliquer cette dynamique comme l’arrivée de Filipe Luís à Monaco, la présence de nombreux joueurs japonais ou encore l’amour indéfectible d’une partie du continent africain pour la Ligue 1. Explications.

Au milieu du mois de septembre, la diffusion de la rencontre de Ligue 1 entre Lille et Troyes a affolé les compteurs d’audience en Chine. Programmée un dimanche après-midi, à 15h en France, elle a réuni 2,15 millions de téléspectateurs en moyenne, selon les données de l’institut CSM. Au total, 13 millions de personnes sur le territoire chinois ont regardé au moins une minute de ce match. Ces scores sont le fruit d’une négociation permanente entre les services de la Ligue, qui disposent d’un bureau en Chine depuis 2017, et ceux de la chaîne publique CCTV, afin d’obtenir la meilleure exposition possible pour la Ligue 1. De bons résultats qui poussent les clubs professionnels à s’intéresser de plus en plus à cette audience venue de l’étranger.

« La Ligue 1 touche aujourd’hui 3 milliards de personnes dans le monde, c’est 800 millions de plus grâce aux derniers accords signés en début d’année, c’est une progression très significative », explique David Labrune, directeur des droits média internationaux de LFP MEDIA (aucun lien de parenté avec le président de la LFP, NDLR). Selon les derniers résultats de l’étude GlobalWebIndex, qui fait référence dans le milieu des ligues sportives et des diffuseurs, l’intérêt pour la Ligue 1, lors de la vague de cet été, a augmenté de 11% par rapport à la saison 2024-2025. Ce chiffre obtenu par RMC Sport n’est pas anodin, car la Ligue 1 arrive en tête devant les quatre autres championnats, qui connaissent une croissance plus modérée, comprise entre 3 et 5% maximum (Premier League, Liga, Serie A et Bundesliga).

L’Afrique subsaharienne garde la tête

Grâce à ces études, la Ligue parvient à identifier les pays moteurs de cette croissance. « La Chine arrive en tête, avec 24 millions de suiveurs intéressés supplémentaires par rapport à la saison précédente. Nous y bénéficions aujourd’hui d’une couverture très large: tous les matchs de Ligue 1 sont accessibles, et même la Ligue 2 bénéficie d’une exposition gratuite sur les plateformes sociales chinoises », complète David Labrune, qui met notamment en avant la diffusion des matchs sur la chaîne publique chinoise afin d’obtenir la meilleure exposition possible. La saison dernière, selon les chiffres consultés par RMC Sport, c’est la rencontre entre le FC Lorient et le RC Strasbourg qui a réalisé la meilleure audience mondiale, avec près de deux millions de téléspectateurs en Chine. Ce match bénéficiait d’une case horaire intéressante sur la chaîne publique sportive CCTV5, là encore le fruit d’une négociation poussée avec le diffuseur.

Dans le monde, l’Afrique subsaharienne reste la plus grande caisse de résonance pour la Ligue 1, avec environ un tiers de l’audience, juste devant la Chine et la zone MENA. « Nous sommes dans un cercle vertueux : l’intérêt grandit, l’exposition progresse et de nouveaux diffuseurs nous rejoignent. Il y a aujourd’hui une vraie dynamique autour de la Ligue 1 à l’international », complète le patron des droits internationaux de la Ligue. Régulièrement, les matchs de Ligue 1 diffusés au Vietnam sur VTVcab réalisent une audience de plus de 200.000 téléspectateurs. D’après nos informations, sur ce début de saison, le top 3 mondial est le suivant: LOSC-ESTAC, OM-PSG et Brest-PSG. Et ces bons chiffres servent les services de la LFP afin d’inciter les clubs à développer cette branche.

« Ces audiences sont notre meilleure publicité », ajoute David Labrune. « Nous avons aussi intégré depuis trois saisons des critères de développement international à la licence club, afin d’inciter les clubs à accélérer dans ce domaine: présence sur les réseaux sociaux en langue étrangère, traduction de leur site internet, partenariats avec des clubs étrangers ou encore disponibilité auprès des diffuseurs internationaux. » Pour ce dernier point, la LFP compte des personnels spécifiquement dédiés aux demandes des diffuseurs internationaux afin de faire l’intermédiaire avec les clubs. « Ça prend petit à petit et ces bons résultats d’audience aident », estime le cadre de la LFP, qui ajoute tout de même que le Classique entre le PSG et l’OM reste le match « le plus demandé » à l’international.

Comment expliquer cette dynamique ?

Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce succès de la Ligue 1 à l’international. Le premier tient à la multiplication des contrats de diffusion que la LFP peut signer avec des prestataires à l’étranger. Actuellement, la Ligue 1 compte 56 diffuseurs internationaux à travers 215 territoires. Dans les prochaines semaines, la Ligue devrait annoncer de nouveaux contrats, ce qui permettrait de multiplier les portes d’entrée vers le championnat de France. Par rapport à la saison 2025-2026, ce début de saison de Ligue 1 connaît une hausse de 50% de son audience moyenne en direct.

Au-delà des contrats, le terrain paie aussi. Et surtout les personnages de notre Ligue 1. Par exemple, Endrick avait permis, la saison dernière, au championnat français d’entrer dans une nouvelle dimension au Brésil. Dans les audiences mondiales de la LFP, certaines sont particulièrement marquantes. En 2025-2026, le match entre Metz et Lyon avait réuni 416.000 téléspectateurs au Brésil sur la chaîne CazéTV. Un territoire sur lequel la Ligue mise beaucoup, avec un potentiel de 150 millions de téléspectateurs. Au Brésil, la Ligue 1 est diffusée gratuitement sur YouTube par la chaîne Caze TV, mais également depuis cette année par la première chaîne sportive gratuite, XSPORTS, qui touche 150 millions de téléspectateurs, ainsi que par CNN Brasil.

Un effet Filipe Luis

« Ce qui est particulièrement intéressant au Brésil, c’est l’effet Filipe Luis, les audiences de l’AS Monaco ont triplé sur ce territoire », précise David Labrune. Selon les chiffres obtenus par RMC Sport, le PSG-AS Monaco de ce début de saison a réalisé une audience de 250.000 téléspectateurs en moyenne au Brésil, soit la plus forte audience de l’histoire de Monaco dans ce pays. Et de poursuivre : « La fan base de Flamengo se rue sur les matchs de l’ASM ou sur nos réseaux sociaux. C’est clairement l’effet Filipe Luis. On l’avait déjà constaté la saison dernière avec Endrick. La Ligue 1 entretient une histoire particulière avec le Brésil et, après le départ de Neymar, nous pouvions nous interroger sur la suite. Pourtant, chaque saison, de nouvelles figures brésiliennes émergent en Ligue 1 et suscitent un véritable intérêt local. »

Un peu plus au nord du Brésil, la LFP mise beaucoup sur le territoire mexicain pour développer son influence à l’international. Là-bas, le championnat français est disponible sur la FOX. « Le Mexique est un marché prioritaire pour nous. Il présente un véritable potentiel d’audience, mais aussi un potentiel économique direct pour les clubs. C’est pourquoi nous y investissons particulièrement. » Pour alimenter les diffuseurs internationaux, la LFP fournit une plateforme où tout est répertorié afin que le « client » puisse proposer le plus de contenus possible aux suiveurs du championnat.

Dans le même esprit qu’au Brésil, le Japon connaît aussi un fort engouement pour notre Ligue 1. Sur la diffusion du championnat français, DAZN Japon a quadruplé ses audiences en un an. « L’explication est simple, on retrouve toute la ligne d’attaque de l’équipe nationale en Ligue 1 », commente David Labrune, qui ajoute que cette croissance de l’audience du championnat à l’international « concerne l’ensemble des clubs de Ligue 1 ». En Europe, la LFP a signé de nouveaux accords de diffusion en Espagne avec DAZN, qui propose les neuf matchs par journée. Économiquement, les droits internationaux ne sont pas à négliger pour les clubs français. Ils représentent environ 130 millions d’euros par saison et sont en grande partie reversés aux clubs qui disposent d’un indice UEFA.

Publier un commentaire