Entre l’éviction de Didier Digard et la démission de plusieurs dirigeants après la défaite face au PSG en Ligue 1, la présence du propriétaire BlueCrow dans la gestion du Havre est de plus en plus mal vue par les supporters du HAC.
Vendredi soir, malgré la lourde défaite contre le Paris Saint-Germain (1-5) au Stade CMA CGM Océane, les suiveurs du HAC ne pressentait pas la tempête qui allait déferler sur le port normand. Car depuis deux ans, en dépit des mauvais résultats, Didier Digard avait toujours été conforté et que le timing ne paraissait pas propice à un changement sur le banc.
Mais le propriétaire du club depuis l’été 2025, le groupe américain Blue Crow, a choisi de limoger l’entraîneur sans prévenir le président Jean-Michel Roussier. Une décision que ce dernier ne cautionnait pas et qui l’a donc poussé à la démission. Le directeur sportif Demba Ba a suivi.
Ce grand chambardement intervient dans la continuité des tensions depuis plusieurs mois en interne. Ben Guill, le dirigeant de BlueCrow est de plus en plus présent dans la gestion du club cette saison, avec en relais sur place le directeur général nommé en juin, Yacine Alaoui. Même si le recrutement de Demba Ba restait plutôt un choix de Roussier, la firme texane a aussi fait venir ses éléments dans le secteur du sportif.
Une reprise en main, alors qu’auparavant les hommes du cru avaient plus de latitude au quotidien. Cela a parasité les relations, mais c’est le revers de la médaille des moyens supplémentaires injectés dans le club par BlueCrow cet été pour l’effectif (un transfert payant cet été avec Junior Mwanga et des recrues comme Josh Maja dont le salaire dépasse les standards du club) et les infrastructures.
Bodmer en lanceur d’alerte
L’ancien directeur sportif Mathieu Bodmer, qui avait pourtant eu l’habitude de recruter sans le moindre euro et de construire une équipe avec des joueurs libres ou prêtés, avait senti le vent tourné et claqué la porte en fin de saison dernière en sonnant l’alerte. « On a pris des décisions dans mon dos, sans m’avertir, expliquait-il dans l’After Foot. Par exemple sur la signature de jeunes joueurs au centre de formation. […] Ça faisait quatre ans, c’était une super histoire mais je préférais tourner la page parce que je n’étais plus en adéquation avec certaines décisions. Ce n’étaient pas mes valeurs ».
À l’époque, Jean-Michel Roussier et Didier Digard avaient défendu l’actionnaire et remercié BlueCrow pour leur implication. Les supporters aussi s’étaient plutôt rangés du côté du club. D’autant qu’en juin, les Américains ont vendu un autre club de leur galaxie, le CD Leganés en Espagne, et communiqué dans la foulée pour confirmer son engagement au HAC. Mais ces derniers mois, de nombreux salariés ont dénoncé les conditions de travail difficiles avec une politique budgétaire très rigoureuse, des offres de salaires pour les recrues en baisse par rapport aux saisons précédentes au moins concernant la section féminine.
De l’inquiétude en interne
Ce bouleversement d’organigramme est un séisme dans le microcosme havrais, car le club doyen n’est pas coutumier de ce genre de remue-ménage. L’opinion populaire au Havre est d’ailleurs en train de se retourner contre BlueCrow en voyant leur club ainsi décapité.
Il y a désormais une inquiétude en interne sur la trajectoire à venir du HAC, avec seul aux manettes un directeur général récemment nommé, Yacine Alaoui. À date, il n’y a pas de plan B pour le coach. L’actuel directeur du centre de formation, Jaïr Karim, va assurer l’intérim. Un contexte explosif, pour préparer la réception de Lorient dimanche qui ressemble déjà à un match de la dernière chance. À voir comment se comporteront les supporters dans cette situation.






