vendredi, septembre 11, 2026

Filipe Luis, l’homme derrière le début de saison parfait de l’AS Monaco

Premier entraîneur de l’histoire à remporter ses cinq premiers matchs, toutes compétitions confondues, sur le banc monégasque, Filipe Luis est le grand artisan du bon début de saison de l’ASM. Avec l’OM et le PSG à son tableau de chasse, le technicien brésilien fait de Monaco un candidat sérieux au podium.

“Gagner un gros match peut parfois donner un excès de confiance mais ce n’est pas notre cas parce qu’on n’a encore rien accompli. » Hors de question de tomber dans l’euphorie, prévient Filipe Luis. L’entraîneur monégasque et son groupe réalisent pourtant un début de saison parfait. Reçus cinq sur cinq, ils se déplacent ce samedi à Strasbourg (17h15) en tant que leaders du championnat. L’homme aux plus de 300 matchs disputés sous les ordres de Diego Simeone à l’Atlético de Madrid a pourtant hérité d’un groupe en chantier après une fin de saison ratée, avec un seul succès sur les six dernières journées. 

“Je me sens davantage représenté dans ce que je vois désormais”

À 41 ans, l’ancien de Flamengo, avec qui il a remporté la Copa Libertadores en 2025, impose déjà son style. Ses analyses vidéo avant de rejoindre l’ASM lui ont permis de constater un bloc trop souvent étiré. Depuis, son Monaco garde un bloc compact à tout instant. Avec un pressing haut, de la verticalité en transition et une forte utilisation des couloirs en phase de possession, le club de la Principauté a son style mais sait s’adapter et subir davantage comme face au PSG. Celui qui veut « tirer le maximum de ses joueurs et les rendre meilleurs chaque jour » se réjouit de la compacité de son bloc équipe: “Les joueurs commencent à comprendre, à être solides, à se couvrir les uns les autres. Je sens que lorsqu’un joueur commet une erreur, un autre est derrière lui pour essayer de la rattraper! Je me sens davantage représenté dans ce que je vois désormais.”

Dier, Brunner, Coulibaly, Idumbo… Ses choix sont payants

Poussé vers la sortie par la direction, Eric Dier est désormais le taulier de la défense aux côtés du jeune Sadibou Sané. En manque d’ailiers cet été, Mamadou Coulibaly et Stanis Idumbo ont brillé, tout comme en pointe Paris Brunner, jusqu’alors peu considéré lui aussi. Avec des Golovin et Balogun finalement toujours là et des Fati ou Minamino de retour de l’infirmerie, attention à l’embouteillage à venir devant. « C’est un bon mal de tête pour un coach » ironise le Brésilien.

Son compatriote, le directeur général Thiago Scuro, qui avait déjà essayé de l’attirer en octobre pour succéder à Adi Hütter, ne regrette pas son choix: « On est très content de sa personnalité et de ses idées de jeu. C’est important de commencer par des victoires. Je crois qu’il va aider Monaco à mieux jouer, en particulier avec le ballon. Les dernières années, on a eu beaucoup d’intensité, beaucoup d’agressivité, une équipe très physique, mais il y a eu des moments où, avec le ballon, il nous a manqué quelque chose. Je crois qu’il va avoir les clés pour développer l’équipe. »

“Si nous pensons que nous sommes meilleurs que ce que nous sommes vraiment, nous aurons des soucis”

Les joueurs de l’ASM voient régulièrement leur entraîneur courir à La Turbie ou prendre part aux footings collectifs. Toujours affûté, Filipe Luis se distingue par sa minutie, comme quand il demande l’exacte prononciation des villes de Nantes ou Le Havre au beau milieu d’une réponse en anglais mais après avoir attentivement écouté la question en français, langue qu’il étudie et espère maîtriser dans les prochains mois.

S’il a pour le moment installé son équipe dans un 4-4-2, cela va encore évoluer: “La tactique dépend d’abord des caractéristiques de l’équipe. Pour qu’elle soit vraiment complète, il faut qu’elle maîtrise au moins deux schémas,” avait-il glissé après le succès 2-3 sur la pelouse du Gornik Zabrze, admettant avoir travaillé aussi un système avec trois défenseurs axiaux. Mais avant de toucher au système ou l’animation, Filipe Luis ne veut surtout pas voir de relâchement à Strasbourg samedi: « Si nous pensons que nous sommes meilleurs que ce que nous sommes vraiment, nous aurons des soucis. »

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