
Le nouveau record de dépenses signé par les clubs de Premier League lors de ce mercato inquiète de nombreux observateurs sur les investissements à crédit et le gonflement d’une bulle qui pourrait éclater au détriment des équipes les moins aisées.
Le championnat le plus riche et puissant du monde court-il à sa perte? Depuis la clôture du mercato mardi, le chiffre fou de 4 milliards d’euros dépensés par les clubs anglais sur le mercato fascine mais suscite également une très vive inquiétude. Plusieurs médias, dont The Independent, prédisent « une mauvaise surprise dans un avenir proche » en raison du manque de contrôle financier de ses opérations et du manque de liquidités des clubs.
Des recrutements à crédit, un secteur sous très haute pression
Sur les 20 représentants de Premier League, seize ont dépassé la barre des 100 millions d’euros investis et le record du plus gros transfert du championnat a été égalé avec Enzo Fernandez, transféré de Chelsea à Manchester City contre 145 millions d’euros. Mais la structure de nombreuses transactions laisse craindre le pire avec un « endettement sans précédent » et des paiements échelonnés sur plusieurs années par le biais de sociétés de crédit, citées comme « les grands vainqueurs de ce mercato ».
Or, le crédit est un secteur actuellement sous pression constante. « Une crise du crédit se profile », prédit un dirigeant de club auprès du journal anglais. « Le monde du football a du souci à se faire. » Il a conservé des méthodes archaïques (paiements échelonnés) et irrationnelles dans une économie fluctuante. À tel point que des dirigeants comparent la situation à « la crise des subprimes », ce désastre des prêts hypothécaires à risque qui a provoqué la crise financière mondiale de 2007-2008 et ruiné des millions d’épargnants.
« La bulle va éclater »
Mais pourquoi une telle crainte alors que le championnat anglais, appuyé sur de juteux droits TV, est le plus riche du monde? Parce que l’autonomie financière dans laquelle il devrait naviguer est compromise par l’arrivée de capitaux étrangers, notamment américains, depuis plusieurs années. Cela a introduit des « pratiques inédites dans ce sport, dont beaucoup vont à l’encontre des normes traditionnelles du football », ajoute The Independent. Si les transferts entre clubs anglais semblent participer à un cercle vertueux, cela n’est pas si simple.
« La circulation constante de l’argent via les transferts permet de respecter la réglementation tout en laissant la dette se creuser », explique le média.
Une autre donnée sociétale fait craindre le pire. La hausse du coût de la dette publique dans l’ensemble des pays occidentaux pourrait accentuer la pression pour le paiement des crédits contractés par les clubs. « La bulle va éclater », prédit The Independent. « Les dettes seront exigées. Généralement, ce sont les clubs situés plus bas dans la hiérarchie qui en subiront le plus les conséquences. » Un intervenant anonyme, présenté comme haut placé par le journal, conclut par une prédiction catastrophiste: « Tout cela va s’effondrer. Et quand ce sera le cas… »



