
Invité de l’After Foot mercredi sur RMC, Bruno Satin, agent de footballeurs, regrette le plafonnement des commissions pour les agents sur les transferts en France. Selon lui, cela participe aux départs de joueurs à l’étranger où les pourcentages sont libres.
Le transfert de Malick Fofana à Sunderland agite les conversations depuis mardi. L’ailier a choisi le nord-est de l’Angleterre plutôt que Crystal Palace (Londres) après une surenchère offrant une commission plus juteuse à ses représentants. Certains, comme Christophe Dugarry, s’en offusquent en estimant que l’aspect sportif et les intérêts du joueur ont été relégués au second plan. Mais cela ne surprend pas Bruno Satin, agent de footballeurs. Invité de l’After Foot sur RMC ce mercredi, il explique que ce genre de pratiques n’est pas rare.
« Tout le monde veut sa part du gâteau »
« En Premier League, il y a un niveau de corruption qui est forcément très élevé », explique-t-il. « Tout le monde veut sa part du gâteau, les mecs veulent manger partout. Ils disent: ‘si je te fais ça, ça se passe comment?’ Les salaires du moindre joueur qui part de L1 sont énormes. »
Il dissocie plusieurs manières pour les représentants d’être rétribués sur les mouvements de leurs clients. Certains sont indexés sur leurs salaires, d’autres sur le montant du transfert. Mais il déplore une iniquité selon le pays avec un plafond de commission fixé par la loi française alors que cela n’existe pas à l’étranger.
« Un club français est limité par le montant de la commission à donner »
« Une confusion est faite », explique-t-il. « En général, quand l’agent négocie le contrat de son joueur, il est payé sur l’asset du salaire du joueur. Quand ce sont des gros salaires, ça représente de très grosses commissions. En France, c’est plafonné à 10%, mais dans les autres pays, ce n’est pas plafonné. En Angleterre, il y a eu un arbitrage il y a quelques années à la suite d’une déréglementation de la Fifa. Donc, aujourd’hui, c’est libre et de gré à gré. Cela occasionne une perte de compétitivité pour la France car il y a la loi et on ne peut pas aller au-delà de la loi. Parfois, il y a un bon joueur libre, un club français voudrait le prendre mais il est limité par le montant de la commission à donner. Alors que chez les voisins, le club peut donner 12 ou 15 en Italie, par exemple. Mais c’est la loi française. »
Bruno Satin explique enfin le mécanisme des intermédiaires sur les transactions. « Il peut y avoir un agent qui s’occupe de la transaction entre les clubs, on l’a bien vu avec l’OM qui a mandaté ses amis d’Unique Sport Management et qui demande à quelqu’un de les aider à placer certains joueurs et obtenir le meilleur prix. Ces agents-là se feront payer sur le montant de la transaction par celui qui a donné l’ordre d’exécuter cette vente », conclut-il.



